QUELQUES NOTIONS SUR LES PATINS

 SUSCEPTIBLES D'AIDER AU CHOIX D'UN TRAÎNEAU

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- Les patins sont les organes principaux dont dépendent en grande partie le comportement et les réponses dynamiques du traîneau. Ils sont aussi les principaux responsables des "sensations" qu'il procure mais surtout ce sont les patins qui, associés à la structure, induiront les performances et caractéristiques dynamiques du traîneau.

- Il existe donc autant de modèles de patins qu'il existe de modèles de traîneaux et/ou de structures :
  Les patins qui équipent un traîneau de sprint ne peuvent être identiques à ceux qui équipent un mid 120. Les patins d'un mid 120 ne sont pas ceux d'un mid 150 qui ne sont pas ceux d'un LD......car les comportements vibratoires sont différents, les zones de rebond ne sont placées aux mêmes endroits et ne sont pas de la même longueur, les forces de retour sont différentes.... tout simplement parce que les "besoins" sont différents en matière de vitesse, de rayon de virage, de capacités d'accélération et de freinage etc ...... 
Tout ceci pour la même raison que les pneus et les freins d'une voiture de course de 600 kgs destinée à rouler à 200 km/h ne sont pas identiques à ceux d'un camion destiné à transporter 20 tonnes à 80 km/h

 Sur un sprint comme sur un traîneau de mid ou de LD, la longueur du basket influe sur le réponse vibratoire.  Les patins qui équipent un sprint 45 ou 60 sont identiques (chez nous) à ceux d'un basket 120 mais adaptés à cette longueur de basket.... Il en est de même pour les traîneaux de mid, de LD ou toboggan.

 Les patins qui sont prévus pour équiper un traîneau avec une structure composite ne répondront pas de la même façon si ils sont montés sur une structure bois ou métallique.... Les mêmes patins ne peuvent donc pas être utilisés sur un "même" traîneau suivant si sa structure est en bois ou alu ou composite.

- Pour obtenir les caractéristiques comportementales et dynamiques recherchées, les patins doivent  être adaptés non seulement au team (puissance, longueur...), aux physionomie et morphologie du musher (longueur des jambes, poids, amplitude du pumping etc ....) mais aussi à ses goûts et attentes (parce qu'un traîneau qui "déplaît" puisse t'il être le "meilleur du monde" en théorie ou entre les mains d'un autre, ne permettra jamais de "s'exprimer" au mieux)
 
Suivant si l'on recherche un traîneau qui tire plutôt court ou qui survire un peu; un traîneau qui favorise les accélérations au "détriment" de la vitesse de pointe ou inversement; un traîneau qui lève tôt ou à une vitesse un peu plus élevée etc... les patins seront réalisés différemment même si, à la base, ceux qui équipent une gamme ou un type de traîneau sont "identiques" au niveau profil, conceptuel....

 Pour obtenir le comportement recherché, il existe de "nombreuses" solutions techniques, internes ou externes, qui seules ou conjuguées, permettent d'arriver à ce but. 
Bien que pour la plupart dérivées de celles utilisées pour les skis, elles sont devenues maintenant propres aux patins de traîneaux qui n'ont jamais et en aucune condition ou circonstance, la dynamique et la cinématique d'un ski.

Il s'agit d'abord des techniques de fabrication en elles mêmes (épaisseurs, nombres de couches, choix de matériaux, orientation des fibres du bois et des fibres de verre, carbone etc....), des dispositifs de contrôle des vibrations (tunnels, changement de densité, choix des matériaux ....); des réglages choisis ("dureté", vitesse de réponse aux appuis ....)
Il s'agit aussi "d'artifices externes" comme les ailettes de déflection, les flex, les barres anti-roulis, les lames tranversales de rappel, les lames de durcissement du basket .......

A titre d'exemple d'adaptation au musher, sur les traîneaux destinés à la haute compétition, il arrive que l'on soit amené à monter un patin plus dur ou plus rapide d'un côté que de l'autre .....parce que le musher "sent" moins bien ses appuis d'un côté, il possède une meilleure "sensation" sur une jambe que sur l'autre ..... 
Il peut arriver aussi d'être amené à adapter un traîneau à une course ou piste spécifique dans des cadres bien précis (recherche d'un record de piste, par exemple.....) en favorisant par exemple les virages gauches si la piste présente de nombreux virages dans ce sens etc....

- Jusqu'à présent il était possible de se limiter à quelques impératifs techniques simples pour réaliser un traîneau compétitif voire même possible de réaliser un traîneau "passe-partout" ou "de série".....
- Jusqu'à ces dernières années les courses se sont déroulées à des vitesses moyennes de 20 à 25 km/h, les vitesses de pointe se situant vers 32/35 km/h. Les écarts de vitesse étaient souvent élevés, passant de la vitesse de "l'homme qui pousse" (4/6/8 km/h) à la vitesse maximale. Les différences de vitesse étaient très marquées avec des vitesses "basses" 10/15km/h quelquefois sur la majorité du parcours jusqu'à des pointes à la vitesse maximale souvent relativement "bréves".

-Les impératifs techniques "d'hier" ne sont plus suffisants pour prétendre proposer un traîneau de  compétition susceptible de répondre aux attentes d'aujourd'hui, notamment au niveau des relances, des accélérations et des déperditions énergétiques mais aussi de plus en plus vis à vis de la vitesse de pointe. 
Celà est tout particulièrement vrai dans les catégories "limitées" (6/8/10 chiens) où un surplus de  puissance n'est pas susceptible de compenser certaines "insuffisances" techniques ou "faiblesses" dynamiques.

- Les vitesses de pointe d'hier sont devenues les vitesses moyennes d'aujourdhui. Les meilleurs mushers ne "poussent" plus (ou de moins en moins et uniquement sur les passages "impossibles" du parcours), le pumping dynamique, l'usage de la corde anti-battement et les traîneaux en fibres compensent les pertes d'énergie dans les phases les plus "lentes" (surtout les phases inertielles ou de traction moindre). Les courses se déroulent de plus en plus souvent à des vitesses "constantes" (les écarts entre les vitesses mini/maxi se réduisent de plus en plus).

Un traîneau performant des années 90 reste un traîneau performant aujourd'hui mais l'évolution des performances le rende trop juste particulièrement en relances, dans les accélérations et surtout en matière de déperditions énergétiques. celà est d'autant plus vrai que la catégorie est petite et que le trail est "technique".
Par contre, il peut toujours être compétitif dans les "grandes" catégories et sur les pistes rapides ou au contraire dans des catégories moins exigeantes au niveau du rapport énergie/vitesse comme c'est les cas des teams 20/25 km/h.
Ainsi, un peu paradoxalement (mais fort logiquement), ces traîneaux "d'hier" désservent essentiellement aujourd'hui les teams "mediums" (6/8/10 chiens) et rapides (>30 km/h) alors que ce sont ces catégories qui sont les plus représentées (et représentatives), qui ont bénéficiées du plus d'efforts de la part des éleveurs/mushers, qui sont les plus "techniques" (parce que rien n'est négligeable avec une puissance limitée).

- Et demain.....
- Aujourd'hui, les meilleurs teams sur les pistes les plus rapides, sont capables de vitesses approchant les 40 km/h sur 20 miles (35 kms environ).
Cependant ces vitesses ne sont actuellement atteintes qu'en team illimités (plus de 12/14chiens) en compensant par une puissance importante, avec des sélections sur les chiens très "draconiennes" (beaucoup de naissances et peu d'élus), sans préoccupation réelle des conditions exceptées celles de la piste (ces performances ne sont relevées que sur certaines pistes rapides Alaskanes, Scandinaves ou de "l'Est"),  .... et surtout sans pratiquement aucune gestion de la course sur la vitesse (ces teams sont "au plus vite" le plus de temps possible).
Ce dernier point est important sur le choix du matériel et notamment du traîneau car les pertes de temps en course sont essentiellement dues aux relances et accélérations donc aux changements d'allures. 
A partir du moment où la "stratégie" de course veut ou permet une vitesse "constante" ou avec peu de variations, le choix du matériel devient moins primordial car le traîneau n'est "jamais" (rarement) sur une phase inertielle. De plus, un grand attelage permet d'utiliser "l'effet de vague" pour limiter encore la durée de ces phases inertielles (l'énergie de traction arrive par "vagues" de l'avant vers l'arrière du team avec un certain déphasage entre les paires de chiens et jusqu'au traîneau)
Malheureusement, ce tyep de course ou de stratégie de course est rarement possible.
D'abord tout le monde ne peut ou ne veut pas courir dans cette catégorie. Ensuite, cette stratégie est uniquement possible avec des attelages puissants sur certaines pistes rapides et froides et dans certaines conditions. Enfin, elle ne l'est qu'avec uniquement certains chiens actuels qui travaillent dans certaines conditions et uniquement dans ces conditions. Pour terminer, elle impose une parfaite appréhension et utilisation des techniques de compensation (pumping, cordelette, certains traîneaux et/ou réglages du traîneau).

- Les chiens de "demain" (qui se profilent pourtant déjà à l'horizon) sont  des chiens spécifiques aux courses de vitesse capables de moduler leur vitesse et leurs conditions aérobies voire utiliser des passages anaérobies.
Si l'on "abandonne" les courses à vitesse plus ou moins constante pour retrouver des écarts de vitesse, aujourd'hui ces écarts ne sont plus subis mais font parti d'une stratégie pensée et voulue. 
Les vitesses "basses" sont les vitesses moyennes ou de pointes d'hier, la barrière des 40 km/h est en pointe franchie, les sprints finaux se situent allégrement au dessus de ces vitesses sur des distances très courtes...et surtout maintenant plus uniquement avec des teams importants susceptibles de compenser en puissance mais aussi avec  8 ou 10 voire seulement 6 chiens.

Dans ces conditions, plus de "pousse-pousse" possible même bréivement, plus de droit à l'erreur au niveau du matériel et surtout l'impératif d' un matériel capable de répondre aux capacités de ces chiens sans induire une perte d'énergie devenue trop précieuse à ce niveau et avec cette puissance "limitée" pour être gaspillée dans des patins trop "frotteurs" ou trop lents en réponse, une charge inutilement élevée, une énergie perdue dans une structure trop peu rigide, etc....
Plus de possibilité non plus de faire l'impasse sur le choix d'un traîneau qui ne permet pas le pumping et/ou l'usage d'une corde de récupération d'énergie sur la gang, d'un traîneau qui prend un virage sur l'extérieur etc.....

Il y a moins de 10 ou 15 ans, les traîneaux bois de conception et fabrication plus ou moins identiques à ceux du début du siécle étaient encore utilisés sur les courses (ligatures, basket latté indéformable, patins plats et épais, bruswbow bois indéformable qui bloquait les patins.....). Les meilleurs de ces traîneaux permettent des vitesses de l'ordre de 25 km/h ou un peu plus mais sans aucune qualité en matière de relances et accélérations, sans qualité en virages courts et surtout sans préoccupation quant à l'énergie qu'ils demandent à l'attelage (d'où d'ailleurs quelquefois leur limite supérieure en vitesse).
Rien d'illogique à celà : ces traîneaux sont nés en Alaska et conçus pour être utilisés sur les pistes et dans les conditions de l'Alaska où les critères sont bien différents de ceux d'Europe (au sens large) et d'aujourd'hui. En outre, jusqu'à encore très récemment, les vitesses atteintes en course n'étaient pas vraiment en désaccord avec les capacités de ces traîneaux.

Fin des années 80, début des années 90 sont apparus, en Europe, les traîneaux "modernes" destinés non seulement à suivre l'évolution des performances des chiens mais aussi à être mieux adaptés aux conditions Européennes.
Ces traîneaux permettent des vitesses plus élevées que leurs "ancètres" notamment par l'utilisation de patins un peu plus "travaillés" mais, si ils ont été pensés (logiquement à cette époque) dans le sens d'une stabilité à toute épreuve à vitesse stabilisée et en virage, ils n'ont pas été pensés en termes de changements d'allures et donc de relances courtes, d'accélérations, d'utilisation du pumping, des "artifices" de gain d'énergie (corde....)..... Les patins sont donc toujours épais, peu ou pas cambrés, souvent olivés et donc non propices à un musher "mobile", longs, sans possibilité du choix de la largeur....
Ces traîneaux sont souvent pensés en terme de polyvalence. Les patins et la structure sont les mêmes pour tous les modèles d'un même fabricant et pour tous les utilisateurs. Ils sont toujours réglés "tout à zéro", leurs poids et dimensions sont "secondaires" (d'ailleurs souvent identiques voire supérieurs à leurs "ancètres")...... 
Ces traîneaux sont encore pour la plupart, utilisés aujourd'hui.

Cependant, l'évolution des chiens, des techniques de préparation et d'entrainement, l'alimentation.... ne se sont pas arrêtées en 1990. Aujourd'hui il n'est pas rare de constater que seules quelques secondes voire quelques dizièmes de secondes séparent les "titulaires" des podiums ou même les 10 premiers des classements finaux.

Sachant que sur une course, ce sont les changements d'allures, les relances, les accélérations et virages larges en perte de vitesse qui sont les principaux facteurs de perte de temps, il est impératif aujourd'hui de penser les traîneaux, non plus seulement en terme de vitesse "pure" mais aussi en termes de "moindre perte de vitesse", de moindre perte d'énergie pour l'attelage, etc...... Aujourd'hui, à chiens égaux, compétences égales...les quelques secondes qui séparent le premier du deuxième (ou du dixième) ne se gagnent pas par le fait du hasard mais sur la stratégie de course et le moindre "manque à gagner". Celà est d'autant plus vrai que la puissance (donc la catégorie) est limitée et que la piste est "technique".
Un traîneau ne fera jamais gagner une course à un attelage ou musher "insuffisant" mais il la fera perdre à celui qui ne peut se permettre un manque à gagner de quelques secondes !

- Le traîneau de "demain" est un traîneau d'au moins 40 km/h, dont les "déperditions" énergétiques de plus de quelques % ne sont plus tolérables, 
- capable d'allonger l'énergie du pumping en rapport de l'allonge de la phase de suspension de ces "nouveaux" - chiens, 
- capable de ne pas freiner les relances
(en raison des écarts de vitesse devenus utiles), 
- capable de répondre à des accélérations "instantanées" notamment dans les départs et sprints
(sprint au sens vrai du terme),
 
- capable de tirer à la corde sans perdre de vitesse,
- capable de limiter le comportement naturellement survireur de tout traîneau afin de ne pas allonger la distance et imposer une relance inutile en sortie de courbe. 


A noter qu'aujourd'hui, tout ceci, à vitesse et distance adaptées, est également valable pour la mi-distance (les chiens de mid d'aujourd'hui sont plus rapides que ceux de sprint des années 70/80) voire valable également pour la longue distance.
Aujourd'hui, il n'existe pratiquement plus de domaine ou l'influence du traîneau et du matériel en général, est négligeable.

Pour "aller plus loin" dans les performances du patin, il faut prendre en compte le bilan énergétique global.
Il faut s'assurer que les patins sont capables de "transmettre" sans perte excessive l'énergie du team, donc les adapter à ce team, les adapter à la vitesse, à la puissance etc......en un mot rechercher le rendement maximal.
Il faut adapter les patins à la structure ET la stucture aux patins. Plus question, par exemple, de se contenter de "monter le manche" pour adapter le traîneau à la taille du musher. Il faut réaliser les montants de façon spécifique...mais si on modifie la longueur des montants, il faut modifier les inclinaisons. Le bilan vibratoire s'en trouve modifié...Il faut alors "revoir" les patins et donc les fabriquer en conséquence ..... d'où la nécessité de connaitre L'ENSEMBLE des données avant le début de la construction.

Les démarches techniques sont identiques à celles de tous les autres sports qui mettent une "cinétique" en jeu.
Que ce soit l'automobile où, par exemple, les rapports de boite sont adaptés au pilote et au circuit; au tennis où la tension de la raquette est adapté au sportif et à la nature de la surface de jeu et quelquefois aux conditions météo.....
Les patins du traîneau seront fabriqués et réglés suivant un ensemble de paramètres définis, dépendants de nombreux facteurs certains plus déterminants que d'autres mais dont aucun est négligeable dès lors que des secondes (voire des dizièmes de secondes) sont en jeu.

D'autre part, si  les réglages et adaptations spécifiques des patins sont primordiaux, ils ne suffisent pas. Si l'on veut prétendre à des performances de "premier niveau", il est impératif de "régler" le traîneau comme on peut "régler" une voiture au niveau des duretés de sa suspension, de sa direction, des trains roulants etc.....
A titre d'exemple significatif mais sans entrer dans des détails trop techniques, sur un traîneau comme sur tous les mobiles, on observe une trainée accentuée et exponentiellement proportionnelle à la vitesse.
Cette traînée induit un angle de poussée qui non seulement "freine" le traîneau mais tend à le "bloquer" sur un cap "aléatoire" (il "tire" à droite, à gauche ou favorise le tout-droit. Il est difficile à entrer et sortir d'un virage. Les appuis sont longs ainsi que les retours, il perd de la vitesse à chaque commande....). 

Les traîneaux des années 90 ont mis à profit cet angle de poussée pour favoriser la stabilité (souvent même sans que le concepteur le sache en appliquant les techniques "de toujours"). Il en résulte des traîneaux faciles à utiliser, sûrs et stables, favorisant très nettement la tenue de cap... En contrepartie, ces traîneaux subissent des pertes de vitesse importantes en virage, les relances sont longues, les accélérations très peu marquées et l'énergie demandées à l'attelage reste (trop) importante.

Suivant les modèles, on peut calculer qu'un traîneau "moyen" équipé de patins d'une voie de 1,75 m perd de 8 à 15 % d'énergie dissipée sur la piste à cause de cet angle de poussée, à 25 km/h. 
On peut calculer de la même façon que les effets de chants dans les changements de cap (virages notamment) "broute" la neige et suivant les qualités de celle-ci, de la vitesse initiale, de l'importance du changement de direction, des capacités de l'attelage et du musher..... la perte de vitesse peut atteindre 10 % et plus (soit 2 à 4 km/h sur les vitesses moyennes actuelles). OR, il faut, toujours suivant les conditions, de 1 à 4 secondes pour rétablir la vitesse initiale !
Bien que présente sur tous les traîneaux et à toutes les vitesses, on peut estimer que cette traînée induite ne devient non négigeable qu'à partir d'une certaine vitesse (variable suivant les modèles mais globalement comprise entre 20 et 30 km/h). Cette traînée n'est donc pas forcément un handicap pour tous car dans certains cas, elle peut être négligée (teams lents, traîneau dont les performances sont supérieures à celles du team.....). 
Il est donc possible de relativiser les choses suivant l'usage, les capacités sportives ou les "ambitions" du team. 
Si tous les traîneaux ne sont pas égaux devant l'importance de la traînée induite, celle-ci représentera un handicap très variable suivant les cas,  voire peut devenir un avantage pour le musher peu familiarisé avec l'utilisation d'un traîneau.

Sur les véhicules automobiles, cet angle de poussée et compensé par un réglage du parallélisme des roues (le plan des roues n'est pas parallèle mais décrit un angle qui compense exactement celui de poussée induite). 
Sur une planche à voile, cet angle de poussée est compensé par un "pincement" des ailerons arrières qui ne sont pas parallèles mais orientés vers un point virtuel situé à la proue de la planche (d'où le nom d'angle de "nose" dans ce domaine).
Les exemples sont nombreux et valables dans tous les domaines MEME dans des domaines aussi "éloignés" que le golf ou le tennis, où la balle n'est pas frappée perpendiculairement mais avec un certain angle. Dans ce dernier exemple, la dynamique est différente car "ponctuelle" (frappe) alors qu'elle est "continue" sur une voiture ou un traîneau mais les causes et raisons sont similaires ou comparables dans une certaine mesure.
La compensation de l'angle de poussée induite stabilise le mobile sur son axe en "l'absence de commande" (sans cette compensation, vous ne pouriez pas lacher votre volant sans que la voiture parte à droite, à gauche ou "tout droit" et sans que vous soyez contraints à des efforts exagérés sur le volant pour sortir ou entrer dans une courbe.....l
Elle lui permet aussi de se "déstabiliser" en virage de manière à y entrer et en sortir facilement avec une perte de vitesse réduite, sans une énergie excessive pour le faire et sans un frottement latéral "parasite" responsable d'une usure prématurée des surfaces de contact. 

Les lois et paramètres physiques sont exactement les mêmes en ce qui concerne un traîneau qu'une voiture ou une planche à voile ... et peut-être plus "sensibles" encore sur un traîneau dans la mesure où la voie est longue, les patins relativement "écartés" ......et "immuablement écartés" à la différence d'un skieur qui possède un "super calculateur" qu'est son cerveau qui "inconsciemment" ou par expérience, règle de façon continue et en temps réel les paramètres dynamiques pour stabiliser ou déstabiliser le mobile de façon optimale en fonction des trajectoires, de la vitesse.
Sur un traîneau, les surfaces de contact sont longues mais en outre le musher n'a pas une position fixe sur les patins. Ceux-ci décrivent 2 droites sans donc d'effet différentiel comme on peut le trouver sur une voiture.....ou un skieur capable de resserer ses skis au point de, dynamiquement, les "confondre" pour en faire un seul .....

Outre un angle de pincement convenablement choisi, on voit donc qu'il existe d'autres solutions "complémentaires" pour limiter cet angle de poussée et ainsi favoriser les relances, réduire les pertes de vitesse en virage, réduire les pertes énergétiques "parasites", choisir les rayons de virages etc..... en un mot augmenter le rendement général :
- Réduire la voie pour que le patins extérieur tende à avoir la moindre surface possible de pivotement (l'idéal théorique serait un point). Pour info, la voie est la distance entre le point d'attaque de la neige avant et la sortie arrière. Sur un patin "plat" on ne peut donc pas parler de voie.
- Augmenter la cambrure du patin et/ou la dureté de la zone de rebond de manière à pivoter sur "2 points" sur le patin intérieur et non pas sur une surface (comme sur un patin "plat" ou trop "mou").
- Choisir un angle de chasse (ou angle d'attaque) adapté à la plage de vitesse où est susceptible d'évoluer le traîneau.
Sur un traîneau, cet angle est caractérisé par l'angle d'attaque de la neige (d'où son nom). En pratique il s'exprime par l'inclinaison de la spatule A SON POINT DE DEPART.
Si il est trop fermé (généralement visualisé par une forte remontée des spatules style toboggan ou ski de fond), le patin non seulement aura moins de temps pour "fondre" la neige (la "glisse" et le fartage deviennent moins efficaces à une vitesse plus basse) mais surtout, il perdra de la vitesse en entrée de virage dès que les pressions augmenteront sur le patin intérieur ET il tendra à survirer (donc à allonger la distance en virage). "Secondairement", à vitesse élevée, on constate en outre un phénomène de tassement (la neige se tasse au point d'attaque car, trop "raide", il n'a pas le temps "d'engloutir" le substrat).

Sur un traîneau, on a toujours avantage à avoir un angle de chasse le plus ouvert possible (donc "extérieurement" des spatules les plus "plates" possibles). Cela augmente la surface du point d'attaque et en conséquence augmente le temps pour "fondre" la neige. Cette surface plus importante permet aussi de réduire les pressions au point d'attaque (d'où des accélérations et relances favorisées, une levée plus facile et à plus basse vitesse.....). 
En pratique cet angle est de l'ordre de 4 à 10°.
Attention à ne pas confondre cet angle avec l'angle d'inclinaison moyenne des spatules. Il s'agit bien ici de l'angle AU POINT D'ATTAQUE. Il est donc en partie lié au rayon de courbure.
D'autre part, "accessoirement", des spatules très "plates" permettent de les allonger donc de réduire la voie et d'abaisser le basket.

Cependant, sur un traîneau il existe un phénomène lié au tranfert de masse du musher et au transfert d'énergie lorsque l'attelage est en fin de phase de traction qui "complique" le choix de cet angle. 
Ce phénomène tend à réduire l'angle de chasse et en conséquence à augmenter la directivité (ce phénomène est similaire à celui qui induit le "guidonnage" sur une moto).
Il est donc important de toujours "soulager" l'avant en tirant le traîneau juste avant chaque pression différentielle en entrée de virage pour augmenter la vitesse de pivotement. Même remarque en sortie de virage pour faciliter la relance ou lors d'une recherche de vitesse (recul sur les patins).
Sur les traîneaux modernes, ce "soulagement" de l'avant est en partie automatique, induit par les patins eux mêmes et par la structure qui "retournent" avec un léger retard, une partie de l'énergie (d'où le nom de traîneau "non déclenché" qui signifie qu'il n'est point besoin de déclencher manuellement le relévement en "tirant" le traîneau).
Cependant, même avec un traîneau conçu pour être non déclenché, il reste toujours avantageux "d'aider le traîneau" aux vitesses basses car ces traîneaux ont un rendement élevé et des capacités de relances qu'à partir d'une certaine vitesse.
A titre d'info, Le "phénomène" dynamique est similaire (pas identique mathématiquement mais comparable) à celui qui consiste à "tirer" l'avant du vélo lorsqu'on monte un trottoir. 
Bien qu'étant SUR le vélo, (donc sans aucun appui au sol), on parvient néanmoins à induire une énergie suffisante pour que la roue avant "monte" le trottoir.
Dans la mesure du possible et pour les mêmes raisons, il est aussi important de "mettre la pression" sur le patin intérieur au moment où l'attelage est un phase de traction.

L'angle de carrossage
C'est l'angle est défini par l'inclinaison LATERALE de la spatule au point d'attaque et un plan virtuel vertical perpendiculaire au sol.
Sur une voiture, cet angle peut se régler indépendamment sur chaque roue grâce à des biellettes reliées au triangle supérieur.
On comprend que sur un patin, aucun réglage n'est possible.
Cet angle est donc choisi et "réglé" lors de la fabrication. 
Nous avons opté comme solution technique pour un vrillage à droite de la spatule gauche (et inversement) afin d'obtenir un carrossage négatif de 0 à 6 ° suivant les modèles.
Cet angle est essentiellement destiné à favoriser l'efficacité de l'attaque de la neige en virage et en accélération ou relance. Dans cette configuration le point d'attaque subit des contraintes qui tendent à faire quitter la spatule de sa perpendiculaire (par rapport à la piste). Le carrossage compense donc ce défaut de perpendicularité dans certaines configurations.
Il doit cependant rester relativement petit pour ne pas modifier les pressions latéralement au point d'attaque notamment sur les parties rectilignes rapides.

LES PATINS QUI EQUIPENT NOS TRAÎNEAUX

Nous utilisons 5 profils de patins différents déclinés en autant de "réglages" et réalisations qu'il existe de traîneaux et de mushers.

- Un profil classique pour les traîneaux toboggan et bois de grande randonnée sur lequel il n'y a pas grand chose à dire sauf que nous avons toujours conservé (et continuerons à conserver) un galbe et une zone de rebond.
Un toboggan n'est pas toujours utilisé "à pleine charge". Conserver un galbe et une zone de rebond suffisamment "dure" permet de garantir une maniabilité correcte à vide ou avec une charge inférieure à sa capacité de chargement. Il permet de réduire dans un facteur 0,6 à 0,75 l'énergie de traction sur des trails "entretenus" et/ou avec une charge inférieure à la moitié de la charge maxi préconisée (sur nos modèles et par rapport à des patins "plats").
En règle générale, le retour de galbe est "réglé" de manière à équilibrer les pressions à la charge maxi préconisée. Dans cette configuration, on revient au cas des patins plats.
Avec un attelage limité en puissance et/ou un usage qui n'est pas uniquement en hors-trace, nous conseillons d'opter pour des patins "largement" dimensionnés au niveau dureté. Il est ainsi possible d'espérer une "économie substancielle" au niveau de l'attelage et un contrôle facilité.

- Un profil standard qui équipe tous nos traîneaux "grand publics" de la gamme bois et une partie de la gamme Euro. Il est décliné en de multiples versions et réglages pour s'adapter aux traîneaux de sprint et de mid afin d'octroyer à ceux-ci une orientation plutôt "loisirs" ou au contraire plutôt "course" ainsi que pour s'adapter au musher et à la puissance du team.... C'est un profil qui reste néanmoins toujours polyvalent. Il s'agit de celui qui équipe le Scurry, les Euro S4 et S25......

- Un profil LD dérivé du profil standard mais très largement modifié pour équiper nos traîneaux de longues distances. Il est décliné en 2 "grandes" versions : Une destinée aux traîneaux bois et alliage (Optima, D1) et une destinée aux traîneaux composite (Liner).

- Un profil performance dérivé lui aussi du profil standard mais là encore, très largement modifié pour équiper les traîneaux de course. Il est par exemple "muni" d'une spatule avec une épaisseur à variation d'épaisseur logarithmique, d'une zone de rebond plus rapide et d'un contrôle vibratoire grâce à un tunnel à air/polyuréthanne situé en sortie de spatule. C'est le profil qui équipe le ProFiber et l'Euro F2.

- Un profil course extrapolé du profil compétition (voir ci-dessous). Il bénéficie des spatules longues de ce dernier et de l'architecture courte (1,85 à 2 mètres) mais en conservant des lignes de côtes droites et parallèles (patins symétriques). ce profil équipe le modèle Protech-G1 exclusivement.

- Un profil compétition non symétrique destiné à équiper la série des ProTech. Ce sont des patins courts (1,85 m en moyenne) avec des spatules longues et minces à épaisseur variable pour améliorer la réponse vibratoire. La voie est courte (1,55 m en moyenne). Leur zone de rebond est longue est plus dure que sur la majorité de nos autres traîneaux malgré une épaisseur relativement faible (20 mm en moyenne). Les dispositifs de contrôle vibratoire sont au nombre de 2 ou 3 suivant les modèles, constitués de tunnels à air et/ou PU. Leur réponse est accélérée grâce à des arêtes de rigidification internes et deux doubles revêtements supérieur et inférieur carbone/carbone ou carbone/verre. 
Ils sont munis d'une étrave arrière située de chaque côté (sur les chants extérieurs) destinés à "éjecter" la seconde fonte de neige sous les patins. 
Ce principe est très efficace à vitesse élevée où habituellement la seconde fonte ne peut être réalisée faute de temps suffisant.
Cette étrave "attaque" la neige non symétriquement (en forme de "pointe") puis la réjète, sous forme "liquide" sous les patins grâce à un vortex défini par la forme de cette étrave, là où les pressions sont les plus élevées. On bénéficie ainsi d'une "couche d'eau" plus importante à l'endroitoù elle est habituellement la plus difficile à obtenir et où pourtant les pressions sont élevées.
Les chants sont en mat de verre ou de carbone/verre pour ne pas influer sur la dynamique (voir article sur les structures).

Versions, conception et réalisation...
A l'exception du profil compétition qui est un cap moulé carbone, tous les autres sont disponibles en version bois ou coque fibre de verre ou fibre de verre/Kevlar.
La coque composite permet de durcir le patin dans une large plage de réglages (suivant l'orientation et le type des fibres, du nombre de couches, l'épaisseur de la coque etc.....).
Elle autorise donc une "parfaite" adaptation aux goûts et caractéristiques du musher mais surtout augmente très sensiblement la "nervosité" et la rapidité de réponse aux appuis.
Si le patin bois peut-être conseillé pour un usage loisirs, la coque composite s'impose pour la course.
Accessoirement, elle réduit aussi considérablement l'entretien, augmente la fiabilité du patin aux chocs et à l'usure et lui confère des caractéristiques fixes, définitives et immuables (à la différence des patins bois galbés qui, à terme, finissent souvent par perdre une partie de leur "puissance").

A noter que la fibre d'Aramide (Kevlar) ne participe pas ou très peu au bilan dynamique. Seules les fibres de verre et de carbone ont un "rôle énergétique". La fibre d'aramide est utilisée pour des raisons conceptuelles et mécaniques (renforts, résistance aux chocs....) et très rarement seule mais le plus souvent associée au verre ou au carbone.

Tous nos patins possèdent un noyau central en bois pour recevoir les vis des rails ou des semelles et fournir une base au profil. Sa largeur et sa "complexité" sont variables suivant les modèles.
D'un simple noyau bois recouvert de fibre pour les toboggans à un sandwich et un profil complexe intégrant du PU, des fibres d'aramide, des tunnels à air, des lames composites etc.... pour les dernières générations de patins qui équipent les Protech.... en passant par des coques et noyaux plus ou moins "sophistiqués" pour les traîneaux de moyenne gamme.

A noter qu'aprés plusieurs essais il y a quelques années, nous n'avons jamais retenu en fabrication des patins coques creuses comme celles utilisées sur les skis de début ou grand-public et ce, même pour nos modèles de base.
Ces patins, bien qu'intéressants au niveau coût de revient, rapidité de fabrication et obtention de profils minces, ont les ENORMES inconvénients de ne permettre aucun contrôle vibratoire, de ne pas être adaptables au "cas par cas" et surtout de ne pas permettre la réalisation de zones de rebond dures.
Cette technique est essentiellement exploitable pour des patins plats fabriqués en série et destinés à équiper des traîneaux "tous identiques" mais ne permet pas une réalisation "personnalisée" ni la réalisation de patins avec une réponse dynamique rapide (galbe et zone de rebond adaptés).
Pour des raisons en partie similaires (série uniquement) et en partie différentes (ici patins épais), nous n'avons jamais non plus retenu les patins pressés (noyau bois recouverts d'une feuille de plastique collée à la presse à chaud comme les skis des années 70).

 

Ch.LEFEBVRE