LE FARTAGE

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CHOIX DES PATINS – Les SEMELLES – Le PARAFFINAGE

 

- Le paramètre déterminant le choix du patin est sa dureté qui doit être fonction du poids du musher et de la neige à laquelle il est destiné et non du niveau technique du pratiquant.
Le « flexor » permet de compenser dans une certaine mesure le comportement du patin en neiges très dures en modifiant le répondant de l‘avant talon. La longueur est un paramètre secondaire dont l’importance n’apparaît qu’après une certaine maîtrise du traîneau. (proportionnelle au nombre de chiens attelé et inversement proportionnelle à la vitesse et à la maniabilité). La largeur des patins dépend de la vitesse et du type de neige.
- Une plate forme de suspension médiane (modifiant le comportement médian du galbe) accentue l’instabilité centrale du traîneau. Cet artifice permet de meilleurs appuis et améliore la précision des placements en courbe au détriment du confort et de la « docilité ».

 

 

La semelle et la glisse :

 

Toutes les semelles sont poreuses. Les paraffines de glisse ne sont efficaces que si elles pénètrent à l'intérieur des pores. Collées en surface, elles sont nuisibles.
Il existe deux types de semelles : les TEX blanches à haut poids moléculaire et les TEX noires à haut niveau de graphite / carbone et faible poids moléculaire.
Les polyéthylènes de couleur bleus, rouges ou verts sont des Tex-B
Nota : Un troisième type de surface a été développé par Peltonen sous le nom WSB.(TSS chez Rossignol…) Cette semelle est destinée aux neiges transformées et très chaudes (T° positives), Elles sont quasi inutilisables au traîneau en raison de leur fragilité et leur trop grande spécificité.
Les Tex-blanches, qui retardent l’évacuation de la paraffine des pores, par l’eau sont utilisées pour les neiges mouillées. Les semelles graphites permettent de lutter contre l'électricité statique engendrée par les frottements sur neige froide ou glacée.

Attention : il ne faut pas confondre froid et dur ou mouillé et mou.

 

 

Le phénomène de glisse

 

Les frottements de la semelle réchauffent la neige qui entre en fusion et donne naissance à un film d'eau. Le but ultime est de parvenir à former la juste quantité d'eau pour que le film ne soit pas continu mais qu'il prenne l'aspect de micro gouttelettes sur lesquelles le patin va rouler. Un film continu produit trop d'eau et engendre le phénomène de ventouse Lorsque il n'y a pas assez d'eau, les frottements du ski ne réchauffent pas assez la neige pour donner naissance aux gouttelettes. Il est bien connu qu les neiges très froides ou très mouillées. glissent mal.
La température extérieure et l’hygrométrie influent également sur ces phénomènes.

 

Piste dure et neige agressive : Il s’agit souvent de neiges froides. Les longueurs des zones de contact sont réduites. La pression augmente ainsi que le frottement : La limite de fusion de la neige est atteinte plus facilement. Le patin est avantageusement dur et étroit.

 

Piste molle et neige fraîche : Les longueurs des zones de contact sont augmentées. Le point de fusion à atteindre ne nécessite que peu de frottement. Le patin est plus souple en talon et spatule, les pressions sont réparties.

 

Piste molle et neige mouillée : Les longueurs des zones de contact sont réduites pour éviter l'effet de ventouse mais elles sont plus nombreuses, en général B est doublé de façon à casser le film d'eau. La spatule et le talon sont très souples pour éviter l'ancrage.

 

 

Préparation des semelles neuves:

 

- Vérifiez la perpendicularité des carres (face côté chant interne) et effacez l'arête en spatule et en talon sur environ 20 à 30 cm.
- La préparation doit être faite à l'aide d'un racloir métallique pour ouvrir les pores microscopiques. Un ponçage léger (au papier de verre 240 mouillé/sec ou tampon Jex) achèvera la préparation de base. Travaillez toujours de la spatule vers le talon avec des mouvements longs et droits. Égalisez la pression du papier de verre à l’aide d’un bloc de ponçage. A ce niveau la semelle doit être mat. Le paraffinage de la semelle avant son premier contact avec la neige est très important. Le fart initial doit impérativement être étendu à chaud et raclé plusieurs fois avant la première sortie (paraffine moyennement dure). Le paraffinage se fait en salle chauffée, les patins doivent être à la température de la salle (au moins 18 °) et à l’abri d’une lumière intense (soleil, projecteur..)
- Lors de l'application du fart, le fer ne doit jamais fumer (T° normale : 100 °), le fart ne doit pas brûler et doit devenir transparent. Il est important de travailler dans le sens de la glisse
- Dés le fart appliqué, raclez rapidement les rainures. Cela évitera de déraper quand la paraffine sera dure. Laisser alors refroidir suivant l'élévation du point de fusion de la paraffine (20 mn pour les farts mous, 40 mn pour les farts durs). Raclez le plus de fart possible, fermement, dans le sens de la glisse avec un racloir en Plexiglas. La finition est faite de préférence au tampon Jex vert puis structuration à la brosse. A ce stade la semelle doit paraître brillante. Une semelle neuve nécessite au moins 3 fois ces opérations (farter, racler, brosser) afin de garantir la rétention du fart. Après application de la paraffine définitive (voir ci-dessous, le choix du fart de glisse), la dernière étape consiste à polir la semelle à l’aide d’un chiffon ou papier. L’apparence est alors très brillante, huileuse.
Nota : Les paraffines les plus dures sont destinées aux neiges les plus abrasives. Dans ce cas précis, elles ne sont pas plus performantes que les paraffines molles, mais elles tiennent beaucoup plus longtemps.

 

Les farts fluorées : Ce sont des paraffines hydrophobes coûteuses mais très efficaces sur neige à forte hygrométrie. L'efficacité et le prix de ces farts sont directement liés à la concentration de fluor. Leur point de fusion s’élève avec cette concentration et leur application tend à endommager la semelle. L'application de ces paraffines est conseillée exclusivement lors de précipitations ou par temps de brouillard et surtout sur Tex blanche.

 

Les farts au molybdène : Pour semelles graphitées, fluorés ou non. En finition sur Tex blanche dans des cas précis.
Les structures : Leur rôle est d'évacuer l'eau. . Nous recommandons une structuration parallèle en quinconce (0,75 mm en général) qui évacue l’eau plus rapidement sur les côtés.
Nota : Ces structures tendent à augmenter l’effet directionnel du patin.

 

Les farts liquides sont très performants mais très éphémères au traîneau compte tenu des frottements engendrés par le poids du musher (surtout sur traîneaux inversés). Ils peuvent être utilisés en sprint, en tant que fart de finition, surtout en spatule.
Petite astuce : Utiliser ces farts pour enduire, non pas la semelle mais le dessus du patin ! (Eh oui). Cela permet à la neige de moins charger le dessus. (Pourquoi courir avec un « traîneau plume » chargé de 3 kg de neige).
Ils ont aussi un effet anti givrage intéressant.

 

 

A RETENIR

 

* Ne jamais farter la partie centrale du galbe (Sur 50 à 90 cm suivant traîneau et conditions) : Cela freine la glisse par effet ventouse lors de chaque relance.
** Sauf un cas d’exception très particulier explicité ci-après.** Pour éviter « la brûlure » de la semelle sur les neiges très abrasives, farter au « bleu » très dur ou à la poudre X-Cold sur une ligne de 1 cm de large le long des carres. Après refroidissement, décaper et brosser puis fartez sur toute la surface de la semelle.

 

* Les farts paraffines sont surtout utilisés en base mais sont très efficaces seuls lorsqu’ il s’agit d’améliorer la maniabilité et non de chercher les vitesses maximales. Ils sont irremplaçables en entraînement.

 

* Sur neiges très dures ou glace, les farts paraffines bleus n’ont pas d’équivalent.

 

* En dehors de la neige froide, il est difficile de bien farter. En particulier lorsque la température avoisine 0°C le fartage devient très fin. Il n'existe aucun fart couvrant efficacement la plage –1°C à +1°C. Les essais sont primordiaux, toujours partir du fart le plus froid (le plus dur) pour aller vers le plus chaud (le plus mou). On peut appliquer un fart chaud sur un fart froid mais pas l’inverse.

 

* La paraffine dure reste plus longtemps dans les pores. Plus dure à étendre, elle est cependant plus dure à déloger. Sur les courses de longues distances, la paraffine utilisée sera souvent dure même si la neige est douce. C'est un compromis : Une glisse moyenne sur toute la course est préférable à une bonne glisse efficace sur la moitié du parcours.

 

* Une semelle neuve mal préparée (surtout graphite / carbone) est inapte à retenir un fart. Elle devient dans ce cas (fartée ou non) une ventouse sur tout type de neige.

 

* ne pas utiliser les étaleurs en liège qui sont à réserver à l’égalisation des klisters et des farts de retenue (non utilisés au traîneau !).

 

* Estimations couramment retenues : La glisse (donc la vitesse) dépend à 70 % de l’ajustement du patin au musher et à sa technique, à 15 % du matériau de la semelle et son paraffinage, les derniers 15 % dépendent de la structuration.

 

* La couche de fart doit être imprégnée. Un excès de fart ou un mauvais fartage sont souvent plus néfastes qu’une semelle non fartée.

 

* Des traces blanches sont signe de sécheresse et donc d’un fartage inapproprié ou usé.

 

* Une semelle graphite impose un fart adapté. Un fart ordinaire sur une semelle graphite fait souvent plus de mal à la glisse que la même semelle non fartée. Une semelle fartée mais non structurée (surtout graphite) perd 15 à 25% de son rendement.

 

* Par mesure de sécurité, les farts (particulièrement les fluorés) ne doivent jamais être exposés à des températures supérieures à 250 °C. Il est donc impératif de proscrire l’usage des chalumeaux et des pistolets à air chaud pour leur application.

 

* Les P.E constituant les semelles se dégradent à partir de 150°C.

 

* La température maximale de chauffe pour les farts est de 150°C. Les températures recommandées se situent dans la plage 90°C (paraffines) à 140°C (fortement fluorés).

 

 

 Neiges

  Patins (mm)

 Semelles

 Structures (mm)

  Fartage

 Glacées

 31 à 35 flexor

  Graphite

 0,25 à 0,33

  Paraffine + X-cold powder

 Froides

 35 à 38 flexor

 Graphite

  0,33 à 0,5

 Molybdène peu fluoré à fluoré

Fraîches 

 38

  Graphite/Tex B

 0,5 à 0,75

 Fluoré à fortement fluoré

 Mouillées

  38 ou plus

  Tex B

 1 à 2

  Fortement fluoré

  Chaudes

  38 ou plus

  Streaking hot

  2 à 3

  Poudres frittées

 

 

Ch.LEFEBVRE