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LA STRUCTURE Tous droits réservés - Bogeyman 2005 © |
On entend par "structure" toute les parties du traîneau autres que les patins.
La structure n'a
aucun rôle dynamique direct dans le fonctionnement du traîneau. Dans tous les
cas, elle ne fait que "gêner" le fonctionnement des patins.
Le rôle principal du concepteur est donc de limiter cette "gêne"
afin d'optimiser au mieux et avec un bilan énergétique le plus favorable
possible, le fonctionnement du traîneau. La conception d'une structure est
essentiellement axée sur la limitation du "manque à gagner", plus
que sur une réelle recherche d'un éventuel gain positif au niveau du rendement
global.
La structure n'en a pas néanmoins plusieurs fonctions essentielles :
- fournir une "base" fixe au musher par rapport aux patins pour qu'il
trouve un équilibre sur ceux-ci.
- fournir un point d'appui par rapport au sol lorsque celui-ci est amené à
"pumper"
- soutenir les divers composants du traîneau (basket, sac, accessoires......)
Pour comprendre
les défauts et qualités d'une structure, il faut en revenir au fonctionnement
de base du patin.
Un patin travaille en extension/compression lors de sa déformation. Ce sont
les revètements supérieurs et inferieurs qui induisent par leurs caractéristiques
propres, les caractéristiques dynamiques principales du patin.
- Sur les patins en bois (donc sans revètement), ce sont les fibres du
bois qui sont "responsables" de ces caractéristiques d'où
l'impossibilité de vraiment régler un patin en bois et leurs limites
conceptuelles.... d'où également, l'utilisation de patins bois dans les usages
non appelés à travailler "dynamiquement" mais plutôt dans un usage
type "transport de charge à basse vitesse" où un profil plat et épais
n'est pas gênant (toboggans...).
- Sur les patins avec des revétements non fibreux (feuilles de plastique
collées, par exemple) ce sont les caractéristiques du noyau (donc comme
pour les patins bois) associées aux CHANTS (côtés) qui induisent ces
caractéristiques.
OR, les chants travaillent non pas en extension/ compression puisqu'ils sont
placés perpendiculairement à la déformation mais en "contraintes
structurelles" (de la même façon que si vous essayez de plier une règle
plate dans le sens de sa largeur et non pas de son épaisseur).
Les patins qui utilisent ce type de technique sont donc très limités en déformation
puisqu'il est très difficile (voire impossible) de déformer sans risque de
"cassure structurelle permanente", un chant perpendiculaire (ou de
décolage...).
D'autre part, il est impossible de faire un quelconque choix ou "réglage"
de dureté ou de capacité de déformation puisque ceux-ci sont directement
induits et dépendants des caractéristiques de ce chant (épaisseur,
largeur, type de matériau....).
Enfin, pour la même raison qu'il n'est pas beaucoup plus facile de plier
dans le "mauvais sens" un règle plate de 3 cm de large, qu'une règle
de 5, un patin à "chant plein" est pratiquement et identiquement
"indéformable" sur toute sa longueur, quelle que soit son épaisseur
à un endroit donné (ou presque....comme la règle).
Cette technique est donc en pratique à réserver aux patins "tous
pareils", où aucun critère de réglage ou de personalisation n'est
requis, aux patins à faible déformabilité, aux "grandes" séries,
aux traîneaux polyvalents....
- Sur les patins
avec des révêtements fibreux, on exploite la particularité qu'ont les fibres
(de verre, de carbone....) à toujours retrouver leurs dimensions et formes
initiales même aprés une déformation importante.
Dans ce cas, on les utilise donc (comme sur les skis de compétition actuels,
d'ailleurs) non pas sur les chants mais en tant que recouvrement actif sur
le dessus et le dessous des patins.
Quand le patin est soumis à une déformation (flexion), le recouvrement supérieur
est comprimé alors que le recouvrement inférieur est étendu.
Dans la pratique, suivant les combinaisons de fibres choisies, leur orientation
.... on peut "facilement" obtenir des déformations en flexion allant
jusqu'à 300 % avant rupture, des résistances en compression de l'ordre de
plusieurs dizaines de tonnes et des résistances en extension de plusieurs
tonnes.
Dans l'usage qui nous préoccupe, nous nous limitons à des déformations de 30
% maximum et des résistances de l'ordre de 50 à 100 daN auxquelles il faut
ajouter les "réglages" de résistance aux appuis (contrôles
directionnels du traîneau) de 20 à 50 daN.
Dans tous les cas, l'usage des fibres permet une parfaite et très précise adaptation des patins.
C'est la même
raison qui "impose" le NON usage des fibres pour le chant des patins.
Pour rendre les chants "inactifs" (ou "actifs" de façon négligeable
par rapport aux forces des recouvrements inférieur et supérieur), nous
utilisons non pas une fibre orientée mais un "mat" de verre ou de
carbone qui est un tissu dont les fibres sont très courtes, disposées aléatoirement
les unes par rapport aux autres et "maintenues" ensembles par un
entrelassement NON tissé.
Autre avantage des
fibres : leur capacités à transmettre les vibrations (ce dont n'est pas
capable ou très lentement et de façon très ponctuelle, une feuille de
plastique). Il devient donc possible d'étudier, de prévoir et d'adapter la
réponse vibratoire de ces patins ce qui est en pratique impossible avec un
patins bois ou à chants pleins.
....pour en revenir à la structure..... Les défauts et
"contre-performances" induits par la structure :
Le premier point, certainement le plus important, qui ne doit pas être "entravé" par la structure c'est la capacité de déformation du patin autant vis à vis de l'amplitude de cette déformation que des forces nécessaires à la produire (la structure ne doit pas modifier les caractéristiques initiales du patin ou, si c'est cas, puisque le fait de "poser" quelquechose sur le patin modifiera inévitablement sa réponse, ne doit le faire que de façon "negligeable").
La principale limite
à la déformation du patin vient de la triangulation imposée par la structure.
On sait que le triangle est une figure indéformable (il ne peut être
"replié" comme peut l'être un carré, un losange, un
pentagone.....dont les côtés seraient reliés entre eux par des pivots). Un
triangle même "monté sur pivots" reste une figure qui n'est pas déformable.
Or, une structure
"classique" telle qu'elle est habituellement utilisée sur un traîneau,
définie un triangle. Ce triangle à pour côtés les 2 montants (que
ces montants soient des tubes, des montants en bois ou des cables, qu'ils soient
verticaux ou horizontaux), le troisième côté étant la partie du patin
située "sous" la projection de ces montants.
Cette partie du patin devient donc indéformable par triangulation imposée par
la structure, qu'elles que soient les caractéristiques de flexibilité qu'elle
avait initialement.
On comprend dès lors que plus la projection du triangle sur le patin est longue, plus la zone rendue indéformable, est longue également.
Par exemples,
- sur notre traîneau EURO-S25, la projection de triangulation sur le patin est
de 30 cm environ (c'est la distance qui sépare les 2 montants) à
laquelle il faut ajouter la longueur des dispositifs de fixation ("U"
en alu...), soit en pratique moins de 40 cm sur ce modèle.
- sur un modèle bois comme le Scurry elle est de 55 cm environ (c'est la
distance qui sépare le cadre arrière du manche aditionnée de la longueur des
dispositifs de fixation).
- sur le modèle S4 elle est représenté par toute la longueur de la barre
horizontale (qui est un des côté du triangle formé par cette barre, la
partie du patin située sous cette barre et la petite partie du montant vertical
située entre le patin et l'accroche de la barre horizontale).
Dans ce cas, la partie rendue indéformable du patin est donc sensiblement égale
à la longueur du basket soit 1 - 1,20 ou 1,50 mètre suivant les modèles !
Ce dernier exemple, représente le pire cas de figure possible et imaginable vis
à vis de la réponse dynamique que peut avoir un patin monté sur un tel traîneau
(cela ne veut pas dire que ces traîneau n'ont aucune qualité)
On comprend que le cas le plus favorable est obtenu lorsque la triangulation est réduite à un "point" comme c'est le cas sur les traînaux à un seul montant. Dans la pratique, ce point est en fait la longueur du dispositif de fixation au patin, (le "U" ou la base de la plaque). Sur nos traîneaux, cette longueur est de 10 cm environ.
Quoi qu'il en soit, il reste toujours le basket à installer qui inévitablement viendra influer sur la réponse des patins mais néanmoins toujours beaucoup moins qu'une tringularisation indéformable.
Quand la différence
vient du brushbow pour encore améliorer la réponse......
Sur un modèle comme le S4, en plus de décrire un triangle, figure indéformable
par définition, la barre horizontale qui supporte le basket est constituée
d'un tube métallique lui même indéformable. C'était le même cas avec les
brushbow en bois ou les baskets lattés qui "bloquaient" complétement
la partie des patins située "sous eux".
Par contre, sur un modèle 1 montant, il devient possible et intéressant
d'utiliser le brushbow en PE, matière très déformable et non pas reliée au
montant comme sur le S4, mais au pied du montant pour minimiser encore son
"effet perturbateur"
Il existe quand même une perturbation minime induite par le brushbow notamment
dans le retour d'appui en raison de la grande inertie induite par le PE. On
parvient partiellement à compenser cet effet par les "amortisseurs" (piéces
de plastique déformables) que l'on installe entre le brushbow et les
patins, par un dimensionnement judicieux des piéces actives (dont le brushbow
lui-même), les dimensionnement de fixation etc....
En pratique, sur nos traîneaux le brushbow influe de façon très minime sur la
réponse des patins : Sur les Protech C et L, la réponse vibratoire est
"freinée" de moins de 3% par rapport au patin seul. Sur le
Protech O, elle est freinée de 8 % environ en raison de l'influence du basket.
A titre de comparaison, sur un modèle comme le S25, la réponse vibratoire est perturbée d'un facteur 1/5 (20%) environ, sur le Scurry elle l'est d'un "facteur" 1/4,2 (25% environ) et sur le S4, elle l'est d'un facteur 1/2,2 à 1/1,6 (45 à 60 % environ) et à"100% sur l'avant.
Deuxième grosse perturbation.....l'influence de la structure sur la réponse différentielle;
On appelle réponse
différentielle, la possibilité qu'à un traîneau de "séparer" ses
patins dans le sens vertical l'un par rapport à l'autre lorsqu'il est soumis à
un appui de bas en haut (commande du musher) et/ou un appui du bas
vers le haut (retour d'appui du sol ou obstacle, dévers....).
Supposons un traîneau dont le patin droit est posé "à plat" sur le
sol et l'autre sur un point (un flacon de Saniterpen dans l'illustration
ci-dessous :) ).
Le flacon simule un appui différentiel (en l'occurence à droite), sur
les 4 premières photos au point de pivot "normal" puis, sur les
photos du bas, un pivot "exagérément" arrière pour montrer l'évolution
de la déformation différentielle .
Ici, la réponse (déformation) différentielle est uniquement due à la masse
du traîneau. Elle est d'autant plus évocatrice que le traîneau 1 montant est
plus léger que celui qui est triangulé.
Pour info, les traîneaux sont équipés des mêmes montants, de la même
traverse supérieure, ont la même longueur et épaisseur de basket (100/3), les
patins ont la même longueur. La pierre visible sur le talon gauche évite que
le retour de déformation ne lève le traîneau (la masse à vide est inférieure
à la force de retour).
On constate de façon
évidente les différences de possibilités de déformation différentielle
alors que ces 2 traîneaux sont soumis à la même force d'appui, en l'occurence
leur propre masse.
- Sur le pivot "normal" (en fin d'antidérapant), le traîneau 1
montant permet une réponse différentielle mesurée d'un peu plus de 5° (les
calculs théoriques donnent 6,2°) alors que la mesure est impossible sur le
traîneau triangulé (les patins restent "fixent et parallèles"
l'un par rapport à l'autre).
- Sur la deuxième série de photos où l'appui est "exagérément"
arrière (18 cm du talon), les choses "s'arrangent" un peu pour le traîneau
triangulé où il est possible de mesurer un angle de réponse différentielle
de 5° environ. Sur le traîneau 1 montant, cet angle est maintenant de plus de
15° (17,1° théorique)
A noter :
- Nous avons volontairement choisi, "pour l'exemple", un traîneau non
triangulé et un traîneau "fortement" triangulé. Les photos sont
donc évocatrices. Elles l'auraient moins été avec le F2 et le S25, par
exemple mais le phénomène reste exactement le même.
- Les 2 traîneaux sont volontairement "nus" (pas de semelles, pas de
pointe de frein....) afin de les alléger au maximum et rendre l'exemple plus
"parlant". Des traîneaux lourds se déformeraient plus facilement.
Dans ces configurations, le 1 montant pèse moins de 6 kilos et le triangulé,
6,5 kgs environ.
- La déformation aurait été plus marqué encore avec un basket court en
raison de la "gêne" induite par le basket long. Nous avons choisi 2
traîneaux avec des baskets identiques pour ne pas "fausser l'expérience".
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Analyse du "phénomène" :
Le point de pivot différentiel (le point virtuel autour duquel
"bascule" le traîneau) se situe au milieu de la droite de
projection de la structure sur le patin.
- Dans le cas du traîneau "1 montant", ce point si situe donc en
pratique au niveau du montant puisqu'il n'y a pas de triangulation.
- Dans le cas du traîneau triangulé, il se situe beaucoup plus avant
(sensiblement au centre projeté de la barre horizontale) et la déformation
différentielle se trouve "retenue" par la triangulation due à cette
barre. Il faut donc une plus grande force d'appui pour obtenir une réponse aux
appuis équivalente et/ou un appui plus arrière pour augmenter la longueur du
bras de levier.
Les conséquences sur la dynamique :
- Les pressions absolues aux appuis doivent être élevées sur le traîneau
triangulé pour obtenir une réponse significative dans le sens axial. Les accélérations
et relances (mais aussi les ralentissements quand on se porte sur l'avant) sont
donc "longues" et peu marquées.
- Les pressions différentielles (un patin par rapport à l'autre) doivent
également être élevées pour obtenir un effet de "déstabilisation"
afin de placer le traîneau en courbe, changer de cap..... Ces forces
importantes tendent à freiner le traîneau et à le ralentir (d'où la perte de
vitesse des traîneaux triangulés dans les changements de cap, accentuée par
le fait que le point de pivot est situé plus avant et donc tend à "écraser
l'attaque de la neige").
- Ces deux impératifs rendent les traîneaux triangulés plus faciles pour un
musher "lourd" que pour un musher léger.
- Nécessité de placer un traîneau triangulé sur le "care" dans les
dévers car le suivi de terrain du "patin bas" est médiocre en raison
de la faible déformation différentielle que ces traîneaux permettent (en dévers
le musher tend à se porter sur le haut pour retenir le traîneau, donc à
"soulager" le patin bas qui perd sans appui et donc toute efficacité).
Dans le cas du traîneau 1 montant, même si la dynamique est la même, les
capacités de déformations différentielles font souvent une énorme différence,
le traîneau perd moins de vitesse, garde une partie de ses appuis bas.....
- En virage, un traîneau triangulé, parce qu'il perd une partie des appuis extérieurs
en raison de la faible réponse différentielle, tend à être survireur.
- En raison du point de pivot très avant et du bras de levier induit, les traîneaux
triangulés perdent très vite de la vitesse pendant la phase inertielle. Ils
ont donc une mauvaise réponse au pumping ou ne le permettent pas.
Il est possible sur un modèle comme le S25, "faiblement triangulé"
et SI la structure est assez rigide (sinon toute l'énergie du pumping se
perd dans la structure) de "suppléer" à cette perte de vitesse
en "tirant" l'avant grâce à des haubans reliant le haut des montants
et les spatules.
Cette "option" a longtemps été utilisée sur les traîneaux bois,
les haubans étant remplacés par des barres latérales.
Cependant, à l'heure actuelle, il existe des traîneaux spécifiques qui ne nécessitent
plus de tels "artifices" et qui sont bien plus efficaces et
performants dans leur "spécialité". De plus cette manière d'accélérer
un traîneau (ou d'éviter de lui faire perdre de la vitesse) est fatigante et
ne permet pas de "désynchronisation" sous peine d'obtenir l'effet
inverse (comme pour le pumping).
- Inversement, certains "défauts" décrits ci-dessus peuvent
devenir des qualités.
Les traîneaux "1 montants" ne permettent pas d'anticiper les
commandes (la réponse est très rapide et d'autant plus rapide que la réponse
différentielle est importante).
Ils sont "sensibles" aux commandes les rendant peu propices aux débuts
Pour les raisons inverses à ci-dessus, ils se prêtent mieux à un musher léger
que lourd (bien qu'avec les patins composite que l'on peut durcir et adapter très
facilement et dans une large plage de "réglages", celà n'est plus
vrai en pratique à l'heure actuelle).
L'importance de la
rigidité de la structure dans le transfert et les retours d'énergie
(transmission des forces).
2 cas : La force de traction
(attelage) et la force "de retour" (inertie, pumping...)
Le "rejet" arrière du
musher (inertie) lors d'une accélération ne doit pas être "absorbé"
par la structure mais par les patins dans le relèvement.
Dans la très grande majorité des cas où les patins ne sont pas en cause, un
traîneau qui relève mal ou qui nécessite une forte puissance pour le faire
est un traîneau qui possède une structure trop peu rigide. C'est aussi
toujours alors un traîneau qui perd beaucoup de vitesse en courbe et qui
relance et accélère mal.
L'énergie du pumping est
transmise au traîneau par l'intermédiaire de la structure. Toute énergie
perdue dans un amortissement de cette énergie par la structure ou utilisée
pour la déformer est donc un handicap à l'efficacité du pumping.
Un traîneau avec une structure trop peu rigide n'autorise donc pas le pumping
ou son efficacité est limitée.
En partie, et notamment lors de la phase inertielle, des relances et des accélérations,
la "nervosité" du traîneau (temps nécessaire au traîneau pour
reprendre sa vitesse initiale aprés un ralentissement, pertes de vitesse lors
d'un contrôle et temps d'anticipation) est donc directement influencée par
la rigidité de la structure pour les mêmes raisons que ci-dessus.
Il n'est pas utile de rentrer dans le détail. Le "problème" à résoudre est le même que celui rencontré dans tous les autres sports où l'énergie (ou une partie de l'énergie) "passe" par le chassis lors de sa transmission (automobile, vélo, moto, roller .......). Les solutions sont aussi sensiblement les mêmes, adaptées au cas spécifique du traîneau (allégement de la structure, dispositifs de rigidification, contrôle des résonnances, récupération éventuelle d'une partie de l'énergie....).
L'influence des
traverses dans la rapidité des retours
Les principaux "limitateurs"
de la déformation latérale de la structure sont les traverses. Ce sont donc
principalement les composants sur lesquels nous allons "jouer" pour
adapter la réponse latérale du traîneau.
2 cas possibles : La structure à 2 traverses ou 1 traverse et basket
auto-portant. Dans ce deuxième cas, seule la traverse supérieure est donc
susceptible d'être adaptée.
Longtemps, les traverses des traîneaux
ont travaillé en rotation (mortaises ligaturées + - libres puis des pivots,
axes ou vis...).
Ces solutions ont le désavantage de ne pas permettre une rigidification trés
importante mais également, ne permette qu'une déformation différentielle de
la structure très limitée car toujours en contrainte sur le pivot dans cette
configuration.
D'autre part, ce système n'assure aucune retour "automatique" de la
structure latéralement.
Aujourd'hui, les traverses des traîneaux de compétition sont fixes et
travaillent non plus en rotation mais en torsion (comme les barres de torsion
des véhicules automobiles).
Les avantages sont évidents :
- La plage de réglage est très étendue. Elle n'est dépendante que de la
conception au travers de la nature des matériaux utilisés, de l'architecture
(sandwich, bi ou tri-lames....) et des dimensionements.
- Déformée en torsion, la traverse tend a reprendre spontanément sa forme
initiale en assurant un retour latéral "automatique". Là encore, la
rapidité du retour et donc en partie, la dynamique du traîneau au niveau de
l'anticipation, la "nervosité"...
- En configuration vitesse (traîneau dans l'axe), la structure est très rigide
et surtout, "aucune" force n'est susceptible de la déformer latéralement
puisque celle-ci travaille en différentielle (la traverse n'est déformable QU'EN
torsion !) d'où un transfert optimal de l'énergie axiale du pumping, de la
traction sur l'avant, du déport arrière et du relèvement.
Le point de traction,
l'angle de traction et le déplacement du CG dynamique.
A venir....
L'influence du sac sur
la réponse.
Le sac à traîneau induit
toujours, par sa forme et son mode de fixation, une triangulation qui
"entrave" plus ou moins le fonctionnement dynamique du traîneau.
Nous utilisons 2 moyens qui permettent de limiter cette rigidification axiale :
Une fixation haute par l'intermédiaire d'élastiques et une fixation avant sur
une traverse en carbone ou sandwich carbone/PE...(sur les traîneaux sprint), déformable
et qui participe en même temps, à la tension du sac. La rigidité latérale de
la structure est garantie par la combinaison de la sous-traverse haute (lame inférieure
du sandwich) et de la barre anti-roulis.
Dans tous les cas où cela est possible et particulièrement sur les courses de sprint, nous conseillons d'utiliser le traîneau sac replié sur le basket pour annuler les effets parasites induits par le sac..
Le cas
"particulier" des structures haubanées.
Les traîneaux à structure haubanée représentent un cas
un peu particulier dans la mesure où leur comportement est dépendant des réglages
de la tension des haubans, de leur positions relatives sur les patins (points
d'ancrage) et des tensions instantanées relatives et absolues, en action.
Ainsi, avec une même structure, on peut obtenir des réponses très diverses
qu'il est possible, dans une certaine mesure, d'adapter aux goûts, à la
course, au team....
Cela implique aussi qu'un traîneau à structure haubanée ne sera jamais
"statique" et que son pilotage devra en permanence prendre en compte
les conditions instantanées et/ou provoquer la commande pour obtenir la réponse
recherchée et la performance maximale à ce moment précis.
Une structure haubanée même "lâche" reste toujours une structure
triangulée car il existe forcément et en permanence AU MOINS un hauban en
tension. Un traîneau haubanée n'est JAMAIS équivalent à un traîneau 1
montant au plan dynamique !
Cela implique plusieurs cas de figure : (ce qui
est dit ci-dessous considère comme c'est le plus souvent le cas, la distance
entre le montant et le hauban arrière plus faible que celle entre le montant et
la hauban avant. La déduction resterait la même dans le cas contraire mais
"inversée") :
- Haubans avant ET arrière tendus : dans ce cas, la projection de la
triangulation est égale à la distance séparant les 2 points d'ancrage des
haubans avant et arrière.
C'est le cas le plus défavorable vis à vis de la réponse vibratoire (donc des
accélérations, relances...) mais le plus favorable vis à vis de la précision
de conduite à basse vitesse, du comportement dans les dénivelés.... C'est une
configuration peu favorable au pumping car une partie de l'énergie est perdue
dans les câbles qui, au niveau comportemental, équivaut à un traîneau
triangulé "ordinaire". Le comportement dépend donc, essentiellement
de la distance de séparation des points d'ancrages qui détermine la projection
de la triangulation.
C'est le seul cas de figure qui permet de définir un traîneau
"statique" (Le montant est fixe).
- Hauban avant "lâche" et arrière tendu : dans ce cas, la
projection de la triangulation est égale à la distance entre le point
d'ancrage du haubans arrière et le montant.
C'est la cas le plus favorable vis à vis de la "liberté" des patins
et de la précision de conduite mais le plus défavorable vis à vis de la
vitesse (notamment en virage comportement survireur, perte de vitesse ...), des
accélérations et des relances. C'est aussi le cas le plus favorable au pumping
car pratiquement toute l'énergie est transmise dans les montants lors du
soutien avant et du "coup de pied". Toute action de pumping avec un
traîneau haubanée doit donc commencer par un "retour avant" du
manche, juste avant le "coup de pied".
- Hauban avant tendu et
arrière "lâche" :
la projection de la triangulation est égale à la distance séparant le montant
du point d'ancrage du hauban avant. Au niveau conceptuel, le point d'ancrage a
avantage à être très avant pour favoriser le relèvement mais à avantage a
être arrière pour limiter la projection de triangulation. Il s'agit donc d'un
compromis à trouver suivant l'orientation du traîneau.
Outre ce choix conceptuel, dans ce cas le comportement dépend essentiellement
de la position du musher sur les patins et de son "savoir faire".
- Si le musher est positionné avant, il s'agit alors d'un compromis entre précision
de conduite et accélérations/relances. Il s'agit aussi d'un "pis allé"
vis à vis de l'efficacité du pumping car une partie de l'énergie est perdue
dans les câbles avants.
- Si le musher est très avant, c'est alors une configuration qui favorise la
polyvalence et la facilité d'utilisation du traîneau (débutants....) car le
traîneau est "hyper-stable", les accélérations et relances sont
minimales et la décélération en courbe est maximale.
- Si le musher est arrière (donc traction sur l'avant par l'intermédiaire des
haubans), c'est alors une configuration "vitesse", les relances et accélérations
sont favorisées ainsi que la vitesse absolue MAIS en sachant que dans ces
conditions le traîneau est incapable de soutenir une courbe (parce que dans les
courbes, les tensions doivent être "provoquées différentielles"
pour tenir le traîneau sur la trajectoire). Toute position de ce type doit donc
être obligatoirement corrigée avant toute entrée en courbe et reprise
"dans" ou en sortie de courbe pour retrouver la relance.
- Haubans avants et arrières
tendus différentiellement: dans
ce cas tout dépend de la configuration instantanée (au moment de l'action). Il
existe toujours forcément au moins 2 haubans tendus mais qui le sont ici de façon
différentielle (par exemple haubans avant gauche et arrière droit).
C'est une configuration qui favorise le comportement en virage court au détriment
des relances, des accélérations et de la vitesse de pointe. Le pumping sur
courbe large est possible et efficace si et seulement si au moment du
"retour de sol", le hauban arrière situé du côté du montant en
appui ( correspondant au "coup de pied") est tendu ou que les 2
haubans arrières sont tendus.
Bien sûr, la réponse "finale", dans tous les cas où il existe au moins un hauban de détendu, est également dépendante de la valeur absolue du "jeu" dans les haubans donc de leur tension relative, absolue et différentielle.
Ch.LEFEBVRE