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Angle de pincement, carrossage et chasse
Ces
angles (pincement, carrossage et chasse) sont les mêmes termes génériques et
correspondent aux mêmes réglages que sur une voiture.
Le pincement est l’angle que fait le patin avec l’axe médian du traîneau.
En fait le pincement correspond à un angle fermé (la distance entre les patins
et plus petite à l’avant qu’à l’arrière).
Dans le cas contraire on parle « d’ouverture ».
Ce réglage influe sur la stabilité et la vivacité du traîneau.
En ligne droite en accélération ou en reprise, le pincement stabilise la
trajectoire autour du neutre. Par contre un angle trop prononcé tend à «
sur-stabiliser » le traîneau par un effet de chasse-neige.
En courbe, le pincement engendre un traîneau vif à haute vitesse et ce
d’autant plus que l’angle est prononcé (jusqu’à une certaine limite
quand même).
L’ouverture, par contre engendre une maniabilité améliorée en courbe à
basse vitesse jusqu’à une certaine valeur au delà de laquelle le traîneau
perdra rapidement ses trajectoires. Par contre les entrées de virages seront
facilitées.
Si l’angle est trop prononcé, le traîneau deviendra « dur » dans les
virages (virages moins précis, plus longs, avec plus d’appuis….) car
l’angle d’attaque de la spatule intérieure est réduit. Par contre, la
sortie de virage sera facilitée car c’est alors l’appui extérieur qui
domine.
Sur un traîneau de compétition destiné à la vitesse, ce réglage est donc un
compromis à trouver entre stabilité en ligne droite, vivacité en courbe et
accélérations/relances.
Pour la meilleure adaptation possible, ces réglages devraient être pris en
compte lors du choix du traîneau en fonction de la piste : Un traîneau peu
pincé aura avantage à être utilisé sur une piste avec peu de courbes ou des
courbes larges et une dominance de lignes droites alors qu’un traîneau réglé
pincé aura avantage à être utilisé sur des pistes « techniques » (virages
serrés…)
Sur un traîneau « polyvalent » ou si l’on de dispose que d’un seul traîneau
pour divers usages (sprint, mid, rando, entraînement…), il vaut sans doute
mieux alors un réglage neutre (patins parallèles) qui rendra les meilleurs
services dans toutes les situations mais qui ne sera parfait dans aucune.
Sur un traîneau destiné aux vitesses basses (rando, transport…), quelquefois
il est préférable d’opter pour un angle ouvert qui facilitera les virages à
basse vitesse en assurant une certaine stabilité dans les passages droits.
Cependant, ce réglage engendre une usure plus rapide des semelles.
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L’angle de carrossage, sur une voiture est l’angle que forme la roue avec la
perpendiculaire (par exemple, sur les voitures dites « Gordini » ou certains
fauteuils de compétition pour le handisport, cet angle est très marqué).
Sur un traîneau, il concerne les spatules et donc l’angle que fait le point
d’attaque avant avec la perpendiculaire (au niveau de ce point d’attaque, le
patin est vrillé volontairement pour décrire cet angle).
Le carrossage peut être positif quand la spatule est inclinée vers l’extérieur
ou négatif dans le cas contraire.
Le carrossage n’est utile que sur les traîneaux de vitesse et qui sont appelés
à être peu chargés sur l’avant car il modifie la répartition des pressions
au niveau du point d’attaque.
Un carrossage faible engendre un traîneau efficace sur l’avant jusqu’aux
vitesses moyennes (25 km/h environ) mais un manque de carrossage à haute
vitesse induit un mouvement de glissement transversal des spatules.
Dans la pratique seul un carrossage positif ou neutre sont utilisés.
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L’angle de chasse sur une voiture est l’angle que fait le pivot de direction
par rapport à la perpendiculaire. C’est aussi l’angle d’inclinaison de la
potence du guidon d’un vélo ou d’une moto (angle de la fourche par rapport
à la perpendiculaire).
Sur un traîneau, il correspond à l’angle décrit au niveau des points
d’attaque par la perpendiculaire et le départ de la spatule côté neige (qui
n’est pas forcément identique à celui d’inclinaison des spatules).
Une chasse importante améliore la stabilité directionnelle en ligne droite et
en accélération ou relance ainsi que la stabilité à haute vitesse mais réduit
l’efficacité du traîneau en courbe qui tend à devenir sur-vireur.
Une chasse faible améliore la stabilité directionnelle à basse vitesse et
engendre un traîneau sous-vireur en courbe et surtout en sortie de courbe en début
de relance.
Là encore c’est une affaire de compromis, de goûts et de choix en fonction
de la piste.
Ici, l’angle peut être plus ou moins prononcé mais il se doit d’avoir une
certaine valeur minimale sous peine de voir l’avant du traîneau « se planter
» à chaque décélération, d’allonger les relances et réduire
l’efficacité du traîneau en accélération.
Il est donc possible de jouer sur ces trois réglages pour adapter un traîneau
à un usage principal (vitesse….), aux conditions du jour (piste, neige…..)
ou aux goûts de l’utilisateur.
Il y aura avantage à adapter simultanément l’amortissement et la ligne dans
le même sens.
Si l’on cherche du sous-virage en entrée et en sortie de virage :
- Augmenter le carrossage
- Amortissement court de la ligne
- Abaisser le basket
Si l’on cherche du sous-virage en virage :
- Installation d’une barre anti-roulis dure à l’avant.
Si l’on veut du sur-virage en entrée et sortie de virage :
- Diminuer le carrossage
- Allongement de l’amortissement de la ligne
- Remonter le basket
Si l’on veut augmenter le sur-virage en virage :
- Barre anti-roulis « molle » à l'avant
Si le traîneau passe trop lentement en courbe, perd de la vitesse… :
- Augmenter le carrossage
Relances ou accélérations trop faibles notamment en sortie de virage :
- Augmenter le pincement.
Prises de vitesse et stabilisation de la vitesse trop faibles ou longues :
- Diminuer le pincement.
Traîneau trop stable :
- Diminuer le pincement
- Diminuer la chasse
Traîneau trop instable :
- Augmenter le pincement
- Diminuer le carrossage
- Abaisser le basket
Traîneau qui engage trop dans les épingles :
- Diminuer le carrossage.
Le traîneau lève latéralement dans les courbes, en entrée ou en sortie (le
patin extérieur perd ses appuis) :
- Châssis manquant de rigidité.
- Pincement insuffisant
Le traîneau sous-vire
- Châssis manquant de rigidité
- Basket trop haut
- Carrossage insuffisant
- Amortissement trop long
Le traîneau sur-vire
- Châssis manquant de rigidité
- Basket trop bas
- Carrossage trop important
- Amortissement trop court
Effets de la barre anti-roulis avant.
Les dernières études que nous avons faites montrent la nécessité ou
l’importance d’une barre anti-roulis avant. Cela n’est d’ailleurs pas étonnant
puisqu’il en est de même sur une voiture….
Le châssis d’un traîneau en virage, prend une inclinaison lors du transfert
des masses (c’est ce que l’on appelle le roulis).
Celui ci est accentué par un châssis manquant de rigidité latérale mais,
dans la pratique, même la meilleure rigidification possible demeure
insuffisante dès lors que la vitesse augmente.
En reliant l’avant des spatules par une barre déformable en torsion, on
limite l’effet du transfert de masse (la réponse de la torsion de la barre
renvoie une partie de l’énergie de ce transfert).
Là encore, pourtant, un compromis est à trouver :
- Une barre trop molle « plante » l’avant en entrée de virage.
- Une barre trop dure renvoie trop rapidement et le traîneau tend à accélérer
dans la courbe (avant la sortie de courbe) et devient de moins en moins «
anticipant ».
Les cinématiques d’un traîneau sont étroitement liées à chacun de ces réglages
(certains plus que d’autres) mais aussi à l’interdépendance de chacun des
réglages.
Le but serait d’arriver à un traîneau avec une cinématique parfaitement
neutre dans toutes les configurations.
Cela est utopique ne serait ce qu’à cause (ou grâce) à l’amortissement
des patins et leur déformabilité qui modifie en permanence certains réglages
(notamment la chasse et le carrossage).
Je dis « grâce » car en fait, sur un traîneau de vitesse, cela n’est pas
souhaitable car ce n’est pas cette configuration théorique qui donne les
meilleurs résultats dynamiques.
Les cinématiques du traîneau dans chacune des phases doivent prendre en compte
certaines modifications comportementales dans certaines des configurations de
glisse.
Par exemple, si l’on ne compense pas le carrossage induit par le débattement
des patins (déformabilité), le ripage en courbe ne sera pas celui théoriquement
prévu. Le carrossage « définitif » doit donc prendre en compte le carrossage
induit.
Sur une voiture, chacun de ces angles est réglable indépendamment (sauf la
chasse qui ne l’est que sur certaines voitures).
Pour cela, le carrossage est prioritaire parce que c’est le réglage qui est
le plus « déterminant ». Les constructeurs règlent le neutre autour du
pincement, puis déterminent le carrossage et enfin règlent le pincement (et éventuellement
la chasse le cas échéant).
Sur un traîneau, il n’est pas possible ne prévoir de telles possibilités de
réglages.
La chasse et le carrossage sont donc fixés lors de la fabrication des patins
(lors de la conception pour la chasse et lors de la fabrication pour le
carrossage (vrillage) en ce qui nous concerne).
Seul le pincement peut éventuellement être réglé (nous utilisons le
dimensionnement à la fabrication avec un jeu de longueurs et des bagues ou des
cales de positionnement mais il existe certainement d’autres possibilités).
Le pincement devient donc l’angle prioritaire.
Cela à un avantage sur un traîneau où cet angle est déterminant dans la réponse
vibratoire des patins(et donc la réponse parasite également).
La réponse vibratoire des patins est quant à elle déterminante sur le
comportement dynamique du traîneau et donc son efficacité et ses performances.
En rendant le pincement prioritaire, on fait d’une pierre deux coups !
La réponse vibratoire du patin
La réponse
vibratoire du patin est sa capacité à absorber les vibrations qui découlent
des mouvements du traîneau et des actions qu’il subit (glissements,
chocs……). C'est aussi sa capacité à vibrer de façon synchrone en fonction
de la vitesse, du terrain.... C'est pour cela, que comme les suspensions d'une
voiture, le patin doit être amorti pour éviter que les vibrations ne viennent
perturber la dynamique du traîneau.
Le contrôle des vibrations est la principale difficulté technique lors de l’étude
d’un patin.
Des patins qui sont utilisés depuis longtemps et qui ont prouvé leur efficacité
sur un modèle, se comportent complètement différemment quand ils sont montés
sur une structure différente ou avec un basket différent……
A chaque fois il faut reprendre la conception des patins pour les adapter au
nouveau traîneau et trouver une possibilité pour qu’ils soient adaptables
dans une certaine fourchette, à une « tranche » de mushers (gabarit, façon
d’utiliser le traîneau….)la plus large possible.
Quelquefois, c’est impossible ou les modifications seraient trop importantes
et il faut étudier un patin nouveau.
Les vibrations sont aussi la principale difficulté technique pour les
concepteurs de ski. Dans ce domaine, on arrive aujourd’hui à des performances
sportives telles (vitesses, réceptions..…) que les solutions techniques
classiques pour contrôler le comportement vibratoire du ski ne suffisent plus.
Les grandes firmes de conception de ski Français, en collaboration et avec des
sociétés spécialisées, sont en train de mettre au point de nouveaux systèmes
dynamiques pour contrôler ces vibrations, plus rapides et précis que les «
simples » ajouts d’amortissements statiques (rainures, cloisons creuses,
plaques qui en augmentant la dissipation calorifique, amortissent les vibrations
…..).
Ce
sont des systèmes basés sur des résonateurs piézo électriques disposés
dans la charpente du ski qui se déforment au rythme des vibrations et qui
transforment l’énergie vibratoire mécanique en énergie électrique que
l’on dissipe dans des résistances chauffantes.
L’énergie mécanique ainsi dissipée, le ski vibre moins ou vibre de façon
contrôlée. En plaçant les résonateurs aux endroits « stratégiques » du
ski, en jouant sur leur nombre, leur efficacité …., on peut ainsi contrôler
précisément la réponse vibratoire du ski.
Une variante active du système est également en cours de mise au point. Il
s’agit d’un système semi-actif réalisé à partir d’un résonateur piézo
mais cette fois contrôlé par un interrupteur dont l’ouverture/fermeture sont
dépendantes d’une plaque métallique. Ce système permet des amortissements
10 fois plus efficaces en théorie que le système précédent, lui même au
moins 10 fois plus précis et efficace que l’amortissement passif classique.
Ces dispositifs seront disponibles aux sportifs dans 3 à 5 ans puis ultérieurement
au grand public.
Le fabricant Américain Head fait étudier par les étudiants du MIT un système
(encore « secret » paraît il) qui semble proche de ceux ci-dessus et qu’il
promet de sortir sous 2 à 3 ans.
C’est donc une « course » entre Français et Américains dans la mise au
point des nouveaux skis amortis dynamiquement.
En matière de traîneau, nous n’en sommes pas là et de toute façon, les
vitesses misent en jeu ne justifieraient pas de tels processus.
Quoi qu’il en soit, les problèmes sont les mêmes et les solutions techniques
classiques pour y répondre, aussi.
Un ski ou un patin, par sa forme est naturellement sujet aux vibrations (un truc
long et mince que l’on soumet à des contraintes, des accélérations
positives ou négatives, des chocs, des efforts…. , vibre).
Ces vibrations sont d’autant plus « complexes » qu’un patin est constitué
d’une structure sandwich médiane (bois, PU, composite….), une peau qui
travaille en extension (la semelle) et une peau qui travaille en compression (le
recouvrement supérieur).
Dans le cas du patin comme du ski, nous sommes dans des conditions particulières
(dites les conditions aux limites de Neumann) car les deux extrémités sont
libres. Cette condition est relativement peu courante en mécanique car dans la
majorité des cas, dans un système vibratoire, une extrémité est fixe ou les
deux : Un amortisseur de voiture est fixé au châssis, une aile d’avion est
fixée à la cellule etc…..
Le comportement vibratoire n’est pas la seule donnée à prendre en compte
bien sûr et c’est là aussi d’autant plus complexe que si on modifie un
paramètre pour adapter le patin à un comportement, on modifie également les
autres paramètres, dont la réponse vibratoire.
Par exemple,
Si l’on monte un flex pour adapter la rigidité localement, la propagation
vibratoire est perturbée par cet « intrus » est donc le comportement du patin
est modifié et pas seulement par la réponse voulue par le flex. Il ne suffit
donc pas de poser un flex pour que celui ci soit efficace et adapte le
fonctionnement du patin. D’autres modifications seront nécessaires pour réadapter
le comportement vibratoire en fonction de ce flex.
Si on assoupli l’arrière (en talon) pour rendre le traîneau moins « méchant
», pour qu’il nécessite moins d’appui et allonge la courbe….la réponse
vibratoire tend à se déplacer vers l’avant (l’amortissement est plus
rapide) et au niveau dynamique ça équivaut à un patin plus court.
En pratique, assouplir un talon impose donc d’allonger le patin pour lui
rendre la réponse vibratoire initiale mais l’allonger tend à rendre le traîneau
plus « directionnel », sur-vireur et à allonger les relances….
Dans la réalisation d’un patin, ses performances finales sont le premier
point recherché mais il est nécessaire également que l’ergonomie de
celui-ci soit prise en compte.
Un patin avec de mauvaises sensations de glisse, un patin que l’on « ne sent
pas » ou que l’on « sent mal »….. perd une partie de ses performances à
cause d’un manque de précision qui découle de ces mauvaises sensations.
Il existe 5 points principaux qui déterminent les qualités dynamiques d’un
patin :
- L’absence de torsion (un patin ne doit pas vibrer en torsion ni se
vriller…)
- Ses qualités en flexion (sa rigidité) d’où découle une bonne part des
sensations de glisse et le répondant du patin en relances et accélérations
(positives comme négatives).
- Ses dimensions (largeur, longueur, épaisseurs) qui influent ou sont déterminantes
sur certaines caractéristiques dynamiques (rayon, comportement en virage et en
ligne droite, efficacité des relances etc…)
- Le moment d’inertie (qui est déterminant sur la répartition des masses)
- Le comportement vibratoire (temps d’amortissement……) qui est déterminant
sur le suivi de terrain du patin, ses qualités en appuis, sa précision en
trajectoire….
En essayant de concilier ces diverses grandeurs et lorsque l’on connaît leurs
influences relatives et absolues, il devient alors possible de réaliser le
patin « parfait », celui qui donnera les meilleures performances possibles au
traîneau sur lequel il est prévu d'être monté, mais aussi en fonction des
attentes du musher, de ses goûts, ….
Par exemple, en jouant sur le répondant dynamique au niveau principalement des
paramètres de flexion et de répartition des masses (en choisissant un patin
souple et avec un faible moment d’inertie), on oriente le traîneau vers un
comportement « docile », qui pardonne les erreurs,…favorable aux débuts ou
pour un traîneau d'entraînement....
Cependant, il entrera toujours en compte les goûts et préférences. Un patin
(donc le traîneau) ne peut se satisfaire de « simples » données techniques.
Celles-ci sont les outils du fabricants, indispensables pour arriver au
comportement final désiré mais si le constructeur n’est pas parfaitement
informé de ce que le musher recherche et attend du traîneau, rien n’est
possible.
Cela est sans doute difficile à dire ou à admettre mais je suis persuadé
qu’un musher « non technicien » ne possédera jamais le traîneau idéal car
sa collaboration est indispensable au fabricant pour réaliser le traîneau
qu'il attend. Sur ce plan, un traîneau est un peu comme un instrument de
musique. Un "non musicien" ne saura jamais choisir l'instrument
"parfait".....ni d'ailleurs l'utiliser.
Chaque patin possède une fréquence vibratoire privilégiée f0 = v/(2L), une
plage de fréquences ou plusieurs fréquences constituées par les harmoniques
de la fréquence principale f = nv/(2L) ou F0 est la fréquence de résonance du
patin.
Celle ci est invariable que le patin soit « à vide » ou monté sur une
structure quelconque. Elle ne dépend que de l’architecture du patin
(dimensions, fabrication…).
Par contre, son amortissement dépend du montage.
La réponse vibratoire d’un patin n’est donc pas dépendante QUE de sa fréquence
de résonance (et donc de ses caractéristiques propres). C’est à ce niveau
que les essais sont indispensables pour les mises au point.
Il est « facile » de calculer puis de mesurer la fréquence de résonance du
patin puis d’en déduire ou de mesurer les fréquences harmoniques de résonnance
mais il n’est pas aussi facile de modéliser son répondant vibratoire lorsque
ce patin sera monté.
Une approche mathématique est indispensable pour « dégrossir » (heureusement
sinon rien ne serait possible) mais ce sont les essais qui « finaliseront » le
traîneau (là aussi comme un instrument de musique).
Il faut bien se convaincre qu'un traîneau ne sera JAMAIS un outil qui sera
fabriqué en série, tous à l'identique, standardisé..... comme peut l'être
une voiture ou un vélo.
Il existe autant de traîneaux que de mushers et que de conditions de course.
A ce niveau, il existe le même parallèle à faire entre le ski du champion très
spécifique, adapté, réglé.... et celui vendu en magasin.
Pour revenir au comportement vibratoire, c’est le même phénomène que celui
qui fait vibrer les fenêtres de votre maison quand passe certains camions….
TOUS les camions ne font pas vibrer TOUTES les fenêtres et ces mêmes fenêtres
si elles équipent une maison différente de la votre, ne vibrent pas ou pas
autant ou plus fort ….quand passent ces mêmes camions (car leur amortissement
est différent lorsqu’elles sont montées différemment).
C’est aussi le même phénomène qui fait vibrer le tableau de bord de votre
voiture (ou une tôle…) quand vous arrivez à une certaine vitesse. Les
vibrations n’ont lieu ni avant, ni après cette vitesse …mais elles peuvent
reprendre à une autre vitesse elle aussi particulière….celle qui engendra
une fréquence harmonique de la fréquence engendrée par la vitesse initiale.
Les premiers essais, ceux qui servent à concrétiser les calculs peuvent se
faire sur un banc en fixant un patin au nœud de vibration principal
(l’endroit ou les vibrations s’annulent). A cet endroit, le patin est «
neutre » au niveau vibratoire.
Il suffit ensuite de soumettre les extrémités du patin, à un régime
vibratoire de plus en plus élevé (on peut commencer par simplement « tapoter
» le patin régulièrement et visualiser la réponse vibratoire qui découle de
ces sollicitations.
Pour visualiser ces vibrations, il existe un moyen simple mais malgré tout
assez fiable : Saupoudrer le dessus du patin d’une poudre relativement lourde
(genre craie ou sable fin). La poudre « réagira » aux vibrations en se déplaçant
et en s’éloignant des ventres vibratoires pour tendre à s’accumuler aux nœud
intermédiaires. On peut ainsi vérifier si la réponse calculée correspond à
la réalité.
On peut aussi utiliser des moyens plus sophistiqués mais qu’un amateur qui réalise
un seul traîneau ne possède généralement pas : un fréquencemètre relié à
une panoplie de capteurs et à un oscillo..
En ce qui concerne les patins d’un traîneau, la plage de résonance la plus gênante
est comprise entre 20 et 40 Hz. Cela correspond à une ou deux alternance sur la
longueur d’un patin classique (2m20 à 2m40). C’est donc parfaitement
perceptible par le musher et plus que suffisant pour engendrer des pertes de
terrains et des imprécisions très « handicapantes » qui annihilent les
performances dynamiques du meilleur des patins.
Il existe trois façons de contrôler ces vibrations :
- Soit on les rend si « infimes »en amplitude qu’elles deviennent négligeables.
- Soit on cherche à augmenter leur fréquence pour arriver dans une plage qui
ne sera pas gênante voire que le patin sera incapable de transmettre en raison
de son architecture (on ne peut pas faire vibrer n’importe quelle longueur à
n’importe quelle fréquence).
- Soit on provoque une vibration volontaire en opposition de phase qui annulera
la vibration parasite quand elle l’a rencontrera.
La première solution est la plus facile et celle qui est « adoptée » par
pratiquement tous les fabricants depuis la « nuit de temps », souvent sans même
le savoir : Des patins suffisamment rigides et épais pour qu’ils ne vibrent
pas ou plutôt qui vibrent mais ne réagissent pas aux vibrations (celles ci se
transmettent comme un bruit dans un blanche épaisse...)
ou inversement des patins suffisamment « mous » pour que les vibrations soient
« tuées » à la base et ainsi ne se propagent pas (des vibrations se
transmettent le long d’une corde tendue mais pas ou très peu si la corde est
lâche).
Ce sont deux bonnes solutions, faciles et pas chères….mais valables que
jusqu’à une certaine vitesse (une vingtaine de km/h) au delà de laquelle, le
manque de précision, les frottements induits, les phénomènes parasites
(roulis….)ont tôt faits de rendre le traîneau incontrôlable en raison,
notamment d’un glissement latéral induit très important, d’une perte des
appuis en virage et d’une friction importante (écrasement) en spatule.
Ces propagations vibratoires incontrôlés ou au contraire inexistantes sont
presque toujours la raison à un mauvais patin ou à mauvais traîneau (manque
de tenue, manque de cap, pertes des appuis en vitesse ou en virage…..un traîneau
« savonnette », accélérations et relances limitées…..).
Cependant, jusqu'aux années 70/80 ces techniques suffisaient amplement en
raison des vitesses en course correspondantes.
L’autre solution, plus «complexe » mais qui s’impose dès que des vitesses
au delà de 5 à 6 m/s sont attendues, consiste à placer aux endroits « stratégique
» du patin, des « freins » à la propagation des vibrations (c’est aussi
cette solution qui est utilisée sur les skis de descente).
Ces « freins » (que l’on appelle nœuds de vibration) peuvent être de différentes
natures : des tunnels à air ou remplis d’une mousse absorbante, des parties
en caoutchouc ou plastique, du bois de veinage différent.…..
Ils ont pour but d’opposer une résistance à la propagation des vibrations ou
de les « stopper » (tout dépend de ce qui est cherché localement), en
provoquant un « changement de milieu ». Comme le son qui ne se propage pas à
la même vitesse dans l’air ou dans l’eau… les vibrations ne se propagent
pas à la même vitesse dans du plastique que dans le bois…..
Freiner ou stopper ces vibrations à un endroit donné sur le patin revient au
niveau vibratoire à raccourcir le patin (les vibrations s’arrêtent avant
l’extrémité du patin) et raccourcir le patin, revient à augmenter la fréquence
des vibrations (parce que une corde courte vibre plus « vite » qu’une corde
longue).
Ainsi, on est parvenu à augmenter la fréquence des vibrations et à déplacer
la plage de fréquence dans un domaine non gênant.
La troisième solution est très efficace mais pas du tout « polyvalente ».
Elle consiste à connaître la fondamentale de la vibration (par exemple 30 Hz)
et structurer le patin pour qu’à chaque fois que le patin résonne sur cette
fréquence, une onde apparaisse de même fréquence et de même amplitude (ou
d’une amplitude la plus proche possible) en spatule ou en talon et vienne
annuler la première.
Ce n’est pas « polyvalent » car le patin est « calé » sur un régime
vibratoire particulier et ne fonctionne donc que dans cette condition particulière.
C’est une solution efficace mais utilisable uniquement sur un traîneau donné
dans des conditions données très spécifiques. C’est aussi une solution
compliquée à mettre au point. Elle n’est donc en pratique pas employée.
Une autre raison que la vitesse elle même impose une de ces deux dernières
solutions bien qu’elle y soit liée.
La cinétique du patin, quand la vitesse augmente, « veut » que l’épaisseur
de celui ci se réduise et que son épaisseur relative se « stabilise » (tend
vers une constante). Je ne peux pas expliquer les raisons sans quelques «
tournures » mathématiques, je m’en abstiendrait donc.
C’est la raison pour laquelle, un ski de descente (de vitesse) est très mince
et que son épaisseur est quasiment constante sur toute sa longueur à l’opposé
d’un ski de fond qui possède une épaisseur importante et un profil variable
(en « chapeau de gendarme »).
Comme dans tous les sports, au fur et à mesure que les performances sportives
s’accroissent, les matériels se modifient pour suivre et favoriser ces
performances.
Dans les années 70 début des années 80, la vitesse dans les courses de sprint
étaient de moins de 25 km/h. Aujourd’hui, 25 km/h est la vitesse atteinte sur
certaines courses de distance. Sur certaines mid à étapes les vitesses
atteignent 28 km/h.
En sprint, on parle maintenant allégrement et couramment de 32 km/h en moyenne
avec des pointes à 36 km/h et plus.
Dans les années qui viennent, l’apparition de chiens spécialisés peuvent
laisser espérer des vitesses encore supérieures jusqu’à 40 km/h en moyenne
et plus en pointe.
Tout le monde est conscient que ce n’est pas un traîneau (ou tout autre matériel)
qui fait, seul, la performance mais si ce traîneau ou ce matériel n’est pas
capable « d‘assumer» cette performance, il est certain qu’elle ne sera
jamais atteinte même par le musher au potentiel le plus élevé et avec le
meilleur attelage.
Je ne pense pas que le meilleur cycliste aujourd’hui même « aidé » par
tous les moyens chimiques imaginables puisse être compétitif au guidon d’un
vélo de 30 kgs sans dérailleur du Tour de France de 1910 ou que les F1 des années
70 puissent rivaliser avec celles d’aujourd’hui même aux mains du meilleur
pilote et de la meilleure équipe.
Un traîneau ou un matériel quelconque ne vous fera pas gagner une course mais
il peut vous la faire perdre. Il peut aussi se montrer insuffisamment performant
pour vous permettre de grappiller les 2 ou 3 secondes qui vous manquent au final
alors que vous avez le potentiel pour la victoire.
Il n’est pas possible pour toutes ces raisons (et d’autres) de réaliser un
traîneau « polyvalent » qui soit bon partout.
Chercher à réaliser un traîneau polyvalent, c’est accepter que le résultat
soit un compromis dans chacune des situations ou des disciplines où il sera
utilisé. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose ou un mauvais traîneau
pour autant, tout dépend de ce que vous attendez de ce traîneau.
Cette optique représente pour nous, un traîneau d’entraînement.
Il est capable de « tout faire », dans toutes les situations, tous les types
de neige, passe partout à des vitesses basses ou moyennes,…solide, pas trop léger
mais pas trop lourd non plus (une douzaine de kg est bien), capable d’être
utilisé avec des attelages « disparates », capable d’emporter une petite
charge, docile, confortable….
C’est ce que nous attendons d’un traîneau d’entraînement.
Ce ne sera cependant jamais un traîneau de compétition ni un traîneau de
grande randonnée.
Il est certain que les années à venir verrons s’accentuer les spécialités.
Aujourd’hui encore, il est fréquent que les mêmes chiens et les mêmes matériels
soient utilisés dans toutes les conditions : Du sprint 4 chiens, 6 chiens, au
sprint 8 chiens ou plus, la mid, le ski-joëring, sur terre comme sur neige,
……
Pourtant ce sont là des disciplines bien différentes par bien des points. Les
conditions et les contraintes sont différentes…..accepter d’utiliser les mêmes
chiens ou les mêmes matériels c’est donc, là aussi accepter un compromis.
Un traîneau conçu et réglé pour être utilisé sur des accélérations à 40
km/h n’a pas grande chose à voir avec un traîneau conçu et réglé pour être
utilisé à 26/28 de façon « constante » et encore moins avec un traîneau de
loisirs destiné aux promenades.
De la même façon, un patin étudié pour des pistes Alaskanes ou Scandinaves
n’a pas grand chose à voir techniquement avec un patin adapté aux pistes et
aux neiges Alpines.
Les performances s’améliorant, les choses se précisent encore et d’autres
paramètres plus « exotiques » doivent être pris en compte : Le type et la
température de la neige (qui auparavant n’influaient que sur le type de
semelles et de fart), le profil de la course (courbes, virages, dénivelé…..),
le lieu où il sera utilisé, les « manières » du musher etc …….. ;
Jusqu’à présent, on se contentait d’un traîneau du commerce, de
fabrication unique qu’éventuellement on tentait d’adapter au mieux aux
conditions du musher (taille du manche….) et du jour (choix des
semelles….)…. C’est la encore un compromis, le traîneau lui même, sa
structure, ses patins….restaient standard donc non spécialisés. Souvent même,
les fabricants utilisent les mêmes patins pour différents modèles de traîneaux
ainsi que la même structure etc….
Il est certain que les années à venir verront apparaître (c’est
d’ailleurs déjà le cas), la nécessité de réaliser des traîneaux très spécifiques
et qui, comme les skis, les pneus d’une voiture de course….seront choisis au
dernier moment en fonction des conditions.
Le mushing, fort logiquement d’ailleurs en regard de sa marginalité, a
toujours un temps de retard sur bon nombre de disciplines.
Pour rester dans le domaine du ski, il y a 15 ou 20 ans, il n’existait que
quelques modèles de skis qui ne différaient essentiellement que par leur
rigidité. Il s’agissait tous de skis avec des lignes de côte droites ou
presque, de longueurs standards, de largeur unique ou standard…
Aujourd’hui, les skis sont proposés en différentes tailles (long, moyen ski
court..), en largeur « étroite » ou « fat », dimensionnés pour un type de
ski, un type de descente et même en fonction du pays.
Par exemple, le ski Français « grand-public », type, aujourd’hui est un ski
« Fat », surdimensionné d’environ 30% en largeur, plus court, avec une
ligne de côte très creusée….
Cela parce que les skieurs veulent devenir plus rapidement de « vrais »
skieurs, pouvoir utiliser leur skis en poudreuse et hors piste (très en vogue)
mais aussi sur piste préparée…. Ils veulent aussi un ski de champion, avec
un look etc…..
Le modèle « top » aujourd’hui est donc un ski conçu pour améliorer
l’aisance, la facilité de prise en main (en pied plutôt), la portance, les
virages lents et « cassées » mais sans que les sensations de perte de vitesse
soient ressenties, des cares très droites….
Alors que le « MÊME » modèle (non commercial) utilisé par les champions est
plus étroit, conçu pour une efficacité optimale sur les pistes préparées et
très lisses, conçu pour supporter des vitesses de 200 km/h et plus, adapté spécifiquement
au sportif etc….…..
Ce ski, fabriqué POUR le champion avec des techniques bien différentes du ski
commercial, utilisé et montré par le champion, ne sera pourtant jamais sur le
marché même si dans les magasins, un modèle de même look et de même nom
sera disponible.
Il existe ici la même différence entre la Citroën Xsara WRC engagé en rally
par l’usine et la Xsara que monsieur tout le monde achète chez son
concessionnaire.
Les performances aujourd’hui, ne permettent plus de se contenter d’un modèle
standard, d’un modèle du commerce.
Il en est de même en ce qui concerne le traîneau et ce sera le cas de plus en
plus.
Des chiens sont en train d’apparaître (au moins testés et « mis au point »
actuellement) qui boucleront 10 km à plus de 42 km/h de moyenne.
Ce n’est pas un traîneau avec des patins « à peu près » ou « classiques
» ni avec une structure qui manque de rigidité, qui sur ou sous-vire, qui perd
ses appuis extérieurs dans une courbe de 100 m de rayon à 30 km/h…… qui
sera capable de répondre à cette performance.
En matière de mid, les vitesses aujourd’hui atteintes sont celles du sprint
des années 70 ou 80. Là encore, un traîneau capable de tenir 500 km à 26/28
km/h de moyenne sur les étapes avec une charge (certes réduite mais une charge
néanmoins) sans « casser » les chiens au point d’affaiblir leur
potentiel…..ne peux MÊME pas être le traîneau de sprint des années 80.
Aujourd’hui, les patins de traîneau les plus performants sont réalisés à
partir d’un noyau bois (souvent du frêne) ,le plus étroit possible, creusé,
« entrecoupé » de caisses d’amortissement et de rainures de rigidification
en composite ou en métal et de type « cap » à recouvrement composite….
C’est une bonne technique qui permet des performances de premier plan jusqu’à
28/30 km/h sur des pistes « pas terribles » et jusqu’à 35 km/h sur des
pistes parfaitement entretenues et lisses.
Ces performances sont d’ores et déjà dépassées. Il est certain que demain
ces patins ne seront plus utilisables sur un traîneau qui se veut de compétition.
Des nouvelles techniques qui permettent des vitesses jusqu’à 45 km/h sur du
lisse et 40 km/h sur des pistes moins bien entretenues (c’est quand même
relatif) doivent être envisagées.
Des techniques telles un sandwich bois/titane ou carbone/bois , des boites
anti-torsion à résonance interne qui feront également office d’absorbeur
tri-axiaux, le frêne abandonné pour un bois moins fibreux mais plus « sec »
et avec une réponse plus rapide (comme l’Okoumé….) ….
C’est alors fini des patins à talon déclinant qui deviennent droits et plats
avec une forte réponse aux appuis. La ligne de côte n’a plus avantage à être
droite mais au contraire (et ici contrairement à ce qui peut exister dans le
domaine du ski), légèrement concave pour minimiser les effets du roulis (qui
n’existe pas sur un skieur) dans les virages pris à haute vitesse…..
C’est aussi une ligne de côte rectiligne sur toute la longueur arrière
(derrière la structure) pour compenser les effets anti-directionnels du talon
plat et « garantir » la stabilité à haute vitesse en conservant un domaine
d’instabilité suffisant pour ne pas trop allonger les temps de réponses en
avant virage (ne pas trop augmenter l’anticipation).
D’autres aménagements pourront (devront) être prévus comme une spatule plus
étroite que le talon pour une attaque améliorée de la neige et pour que les
pressions arrières s‘abaissent par rapport à celles de spatule quand la
vitesse augmente…..
Un traîneau « de 40 km/h », c’est un traîneau qui « attaque », qui tire
très droit et qui ferme les courbes sans perdre son appui extérieur surtout en
talon.
A cette vitesse, il faut aussi penser aux rebonds. Il est inévitable que le traîneau
quittera la piste. Bien sûr cela n’arrivera pas sur 30m et 1 m de haut comme
en ski !! mais sur quelques dizaines de centimètres et quelques centimètres «
d’altitude » (plus est même possible dans certaines circonstances). Cela
n’arrivera peut-être que sur 1/100 ou 1/200 du temps de course total ou moins
mais un patin qui « sonne l'air» même sur 1/100 du temps de course c’est 2
ou 3 secondes de perdues.
Une réception sur l’arrière à cette vitesse engendre aussi des contraintes
multipliées par un facteur 4 ou plus…. Sans perdre ses qualités dynamique,
le patin se doit de résister alors qu’il a subi « une cure
d’amaigrissement » pour justement amener ces qualités dynamiques.
C’est aussi un traîneau qui ne peut se permettre une traînée « élevée »
car avec des chiens capables de tenir le 40 km/h, la phase d’inertie
s’allonge (l’amplitude de ces chiens sera nécessairement plus importante)
et donc, la perte de vitesse du traîneau pendant cette phase doit être la plus
minime possible pour éviter une reprise à chaque relance.
Ce sera aussi au musher, avec de tels chiens et un tel traîneau de revoir son
pumping pour l’adapter à l’allongement de la phase…..c’est un autre
problème mais juste pour souligner que le meilleur chien et le matériel le
mieux adapté ne peuvent se suffire à eux mêmes, si le musher n’apprend pas
à les exploiter.
Il faut parler des « vibrations positives ». Toutes les vibrations ne sont pas
des vibrations parasites qui « handicapent » le traîneau. Celles ci
concernent essentiellement le système vibratoire dont la propagation se fait
d’arrière en avant, localement en talon et à des fréquences particulières.
Il est essentiel pour garantir au traîneau un suivi de terrain le plus précis
et rapide possible mais aussi que la friction soit « contrôlée » afin
d’assurer la fonte de la neige en attaque, que le patin vibre depuis le point
d’attaque (Ce point est le siège de départ de l’onde).
Au niveau de la création du film d’eau en spatule, on comprend que si le
point d’attaque, par manque de rapidité au niveau vibratoire (ou pas de
vibration du tout) quitte le sol, diminue ou augmente sa pression au « gré »
du terrain, la création du film est compromise ou irrégulière.
Pour cela, le patin ne doit pas vibrer n’importe comment sur l’avant.
Le système vibratoire engendré par l’attaque doit se synchronisé sur la
vitesse et surtout être local (le nœud se situe en avant de la structure pour
éviter une perturbation avec le système vibratoire arrière).
On comprend que si le point d’attaque est le siège de l’onde, celle ci
dispose de deux directions pour se propager (en avant vers la spatule et en arrière
vers la structure).
Sur un ski, le système vibratoire avant est le même mais le « problème »
est plus simple à résoudre pour deux raisons :
- Un ski est libre à l’avant (la spatule n’est reliée à rien)
- Le corps du skieur absorbe la quasi totalité du régime vibratoire avant car
il est « lié » au ski de façon immuable et son corps (gorgé d’eau) est très
absorbant et de plus, correspond à la gamme de résonance du ski, globalement.
Il absorbe aussi les vibrations arrières. Le skieur constitue donc le principal
nœud de vibration et quelquefois même le seul sur les skis bas de gamme.
Sur un traîneau, la spatule est toujours reliée à la structure (basket,
traverse…..). De ce côté, les vibrations rejoignent donc la structure dans
laquelle elles se propagent et perturbent encore plus le système général en
« redescendant » dans les montants où elles rencontrent, déphasées, les
vibrations arrières, éventuellement……
C’est l’intérêt des absorbeurs de vibrations avant (pièces qui relient le
patin à la structure). Celles ci n’ont pas pour rôle comme on l’entend ou
on le lit régulièrement, de permettre au patin de vibrer mais au contraire de
limiter son système vibratoire à lui même et éviter des perturbations dues
à la structure.
On comprend donc que ces pièces ne sont pas « n’importe quoi ». Elles
doivent être dimensionnées (longueur, épaisseur…) en fonction de la fréquence
de l’onde avant. Si, par exemple, ces pièces sont refermées (en boucle sur
le patin), elles n’offrent aucun frein aux vibrations ou tellement minimisé
que leur efficacité devient négligeable. Au contraire, dans certains cas,
elles peuvent résonner sur une fréquence particulière et engendrer de
nouvelles vibrations structurales.
Du côté structure, le comportement vibratoire est presque entièrement dépendant
des montants. Ce sont eux qui relient les patins à la structure et donc par eux
que la propagation vibratoire se réalise.
La solution est évidente : un nœud de vibration en avant du montant, si
possible installé à égale distance du point d’attaque à l’absorbeur
avant.
Normalement, sur un traîneau bien conçu et bien réglé, les systèmes de
vibrations arrière et avant ne doivent jamais se rencontrer, de même
qu’aucune vibration résiduelle ne doit être mesurable dans les montants et
la structure.
Cela est vérifiable par le même procédé que pour le patin seul, le traîneau
« coincé » au banc, au nœud principal.
C’est rarement le cas au premier essai et chaque traîneau fabriqué possède
des « tolérances » qui sont acceptables ou non.
Si ce n’est pas le cas (trop de différences par rapport au cas théorique idéal),
il faut alors « équilibrer » le traîneau. Comme on équilibre
individuellement les roues d’une voiture, il faut réglé le traîneau.
Tout dépend alors de la conception de celui ci, de ses techniques…..Nous
employons des systèmes de cales et de « joints » en PE ou caoutchouc, de
serrages différentiels de certaines vis……Le flex peut aussi être utile en
jouant sur sa longueur et sa dureté….
Il faudra ensuite équilibrer le système vibratoire différentiel.
Comme sur le traîneau aucune vibration normalement ne se retrouve dans la
structure, au niveau vibratoire, le traîneau se comporte comme 2 patins entièrement
indépendants (comme le sont les roues d’une voiture).
Cela n’est toutefois pas vrai, bien sûr et heureusement, au niveau dynamique.
Les seuls « ponts vibratoires » qui existent sont constitués par l’arceau
de frein et éventuellement (depuis peu chez nous), par une barre anti-roulis.
Il n’est pas possible de jouer sur l’arceau de frein (il est plié une fois
pour toute, indéformable….) mais par contre très gênant car métallique et
donc très « transmetteur » de vibrations.
L’unique solution consiste donc à placer les pivots de frein au niveau du nœud
principal (là où le système vibratoire est « neutre »). Ainsi, aucune
vibration ne passera dans l’arceau.
Il est quelquefois difficile de choisir exactement la place de ces pivots à 1
ou 2 centimètres près pour « tomber pile poil » au nœud. Cependant, plus on
se rapproche du nœud, plus l’amplitude des vibrations est faible. Ces « résidus
» sont facilement amortis par des rondelles de PE, par exemple, placées sur
les axes et en choisissant les axes dans un matériau différent de l’arceau
(acier/alu par exemple qui est la combinaison la plus « logique »).
Cet amortissement local (rondelles...) est d'ailleurs obligatoire car des
vibrations importantes apparaissent à chaque touché du frein sur la piste.
Celles ci, si elles ne sont pas "bloquées", se retrouvent dans la
structure (pas dans les patins car l'arceau est au noeud principal).
En ce qui concerne la barre anti-roulis, c’est ici relativement nouveau et il
a fallut penser à des solutions. La plus simple et logique qui nous apparaît
aujourd’hui est de choisir une barre très mince par rapport à sa largeur et
si possible dans un matériau absorbant.
Ainsi, les vibrations tendent vers des fréquences élevées et tendent à
s’amortir « naturellement ». Comme de toute façon, leur siége est la
spatule, même si les vibrations différentielles (sur chaque patin) ne sont
jamais identiques, elles se transmettent de l’extrémité vers le centre.
Elles finissent toujours par se rencontrer et plus ou moins à « s’annuler ».
Autre petit truc, faire coulisser la ligne de trait sur la barre anti-roulis (ou
en tout cas se débrouiller) pour que la ligne la touche. Ainsi, une partie des
vibrations sera perdue dans la ligne qui est elle reliée au nœud principal
d’un côté (et donc non gênant) et amortie de l’autre côté par
l’absorbeur de ligne (et donc absorbées)
Vous parlez du basket. Au plan dynamique, celui ci n’a ni avantage ni désavantage
à être long ou court. Il est possible de réaliser un traîneau de sprint avec
un basket long qui soit aussi performant, sinon plus dans certaines conditions,
qu’un basket court.
Il faut bien sûr, qu’il soit conçu initialement pour recevoir un basket
long. Il ne s’agit pas, d’une simple adaptation qui consiste à se contenter
d’allonger le basket d’un traîneau initialement prévu avec un basket court
pour en faire un basket long. Beaucoup de paramètres entrent en ligne de
compte.
Le basket court a néanmoins un atout.
Il permet d’adapter (ou de « fignoler »)le fonctionnement du traîneau en
jouant sur la nature de la traverse avant (Sur un basket long, cette traverse
n’existe pas).
C’est certainement ici aussi une des raisons à son emploi privilégié sur le
traîneau de sprint court, surtout en catégories limitées, où les podiums se
jouent à quelques secondes et où donc chaque adaptation susceptible
d’adapter au mieux la réponse dynamique est appréciable.
En mid, le basket long a sa raison d’exister au travers de son volume de
chargement plus conséquent. Cependant, il est possible d’utiliser (et c’est
de plus en plus souvent le cas), un sac long qui « couvre » tout l’avant du
traîneau, du basket à la traverse.
Telles qu'elles sont pratiquées sous nos latitudes, les mid s’apparentent
plus souvent à un sprint «long" (une quarantaine de km ou 2/3 heures de
course) sur des pistes entretenues. A mon avis, la plupart peuvent parfaitement
se pratiquer indifféremment avec un basket court ou long.
C’est aussi une question de goût et de conditions de course.
Un basket court ne se comporte pas de la même façon qu’un basket long. Il lève
plus vite, il est moins anticipant, il tend à sous virer, il stabilise moins,
les relances sont plus sèches……
Ce ne sont ni des qualités ni des défauts mais des caractéristiques générales
qui trouvent leurs raisons (d’être ou ne pas être) suivant les conditions et
les goûts.